«Miskina, la pauvre» : sortir de la «pitié»

Melha Bedia tient la vedette dans la série française «Miskina la pauvre», production originale Prime Video
Photo: Prime Video Melha Bedia tient la vedette dans la série française «Miskina la pauvre», production originale Prime Video

En arabe, le terme miskina est utilisé pour désigner une personne féminine qui attire la pitié, sur une note humoristique ou non, ou que l’on trouve tout simplement pathétique. Le personnage central de Miskina, la pauvre, une comédie française produite pour le compte de la plateforme d’Amazon, peut être reconnu dans ces deux définitions. Fara, une trentenaire d’origine algérienne, sans travail, sans amoureux et habitant toujours chez sa mère, créée par l’humoriste et actrice Melha Bedia (qui cosigne et coréalise la série), s’avère pourtant rapidement très attachante malgré ses nombreux travers, qui pourraient en irriter plusieurs.

Cette antihéroïne un peu boulotte et très myope se cherche un peu, beaucoup et manque de motivation pour atteindre ses objectifs, souvent freinée par les conflits familiaux qu’on lui intime de régler. Et les solutions ne portent pas toujours les fruits attendus, ce qui génère des sous-intrigues savoureuses et hilarantes. La série s’avère toutefois plus intéressante et attendrissante lorsqu’elle aborde les questions d’identité religieuse et culturelle de Fara au sein d’une famille pas tellement pratiquante, exilée et minée par des conflits larvés. Ces questions « sérieuses » sont heureusement exploitées avec une bonne dose de rigolade, parfois douce-amère, qui rend l’ensemble sympathique et nuancé. L’intrigue romantique, qui finit par occuper le coeur du récit, en vient presque à devenir une formalité prévisible, qui donne heureusement la mesure du progrès de notre « miskina », dont on devine, à la finale ouverte, qu’elle n’est pas complètement au bout de ses peines.

Miskina, la pauvre

Prime Video, dès le 17 octobre

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