«Metal: Hellsinger»: une fièvre satanique

Au travers de huit niveaux franchement bien pensés, on massacre du démon à toute vitesse, progressant aussi vite que possible.
Photo: Funcom Au travers de huit niveaux franchement bien pensés, on massacre du démon à toute vitesse, progressant aussi vite que possible.

Notre instrument ? Un revolver. Notre scène ? L’enfer. Les guitares, les voix et les démons de Metal: Hellsinger nous ont fait entrer dans une fièvre satanique dont on n’a pas voulu se réveiller.

Mêlant les genres du jeu de tir à la première personne et du jeu de rythme, le second titre du studio indépendant The Outsiders se situe au croisement de deux classiques : Doom et Rock Band. Armé de fusils en tous genres inspirés des croyances sur l’enfer qui ont marqué l’Histoire, on tire sur des hordes de démons au rythme de la musique pour faire toujours plus de dégâts, toujours plus vite.

La proposition est singulière, mais pas inédite. On pense par exemple au bien reçu BPM: Bullets Per Minute, paru en 2020. Mais Hellsinger se distingue par sa trame sonore originale mettant en avant des vedettes du death metal comme Alissa White-Gluz d’Arch Enemy, Tatiana Shmayluk de Jinjer, ou Matt Heafy de Trivium. On pense surtout à l’enivrant thème du niveau Stygia, signé par la première. On s’est surpris à dodeliner la tête au rythme de la musique, même si nous sommes loin d’être des fans de métal.

Pensez-le un peu comme suit : en se procurant Hellsinger, c’est un peu surtout un excellent album de musique qu’on s’offre. Vient avec lui un jeu pas piqué des vers.

Au travers de huit niveaux franchement bien pensés, on massacre du démon à toute vitesse, progressant aussi vite que possible. À la manière d’un Doom: Eternal, des « glory kills » permettent de remplir notre jauge de vie, nous invitant à toujours nous approcher des ennemis envoyés à l’assaut de notre personnage. Chaque niveau se termine par un duel contre un patron.

Notre but ? Vaincre la grande patronne des enfers, la Juge, qui a volé la voix de notre héroïne infernale avant de l’enfermer au plus profond des abysses. Sur les rives du Styx, les raisons derrière nos vieilles querelles s’effacent, ne laissant derrière elles que la haine qui nous consume.

L’histoire principale se termine en quelques heures, cinq tout au plus si l’on ne meurt pas trop souvent. Mais au-delà se cache un abîme de speed running qui saura plaire aux plus compétitifs d’entre nous. Chaque victoire se termine sur un tableau des plus hauts scores qui compare notre performance à celle des autres joueurs… et qui donne surtout envie de retenter notre chance pour s’y hisser tout en haut. Les sept premiers niveaux comptent aussi chacun trois modes « défi », au cours desquels on peut débloquer des attributs pouvant aider notre personnage dans sa quête.

Les développeurs promettent aussi une mise à jour qui permettra de jouer au son de notre propre musicothèque, ajoutant à la rejouabilité de la chose.

Sans être parfait — il y aurait toujours place à plus d’ennemis, plus de joujoux explosifs et plus d’environnements différents —, Hellsinger casse la baraque. La suite que laisse entrevoir la grande finale nous laisse impatients de connaître le prochain grand cru du studio Outsiders.


Metal: Hellsinger

★★★★

Conçu par The Outsiders et édité par Funcom.Offert pour PC (Steam), PlayStation 5 et Xbox Series (Game Pass). Compatible avec la Steam Deck.

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