«The U.S. and the Holocaust» : les bras fermés de l'Oncle Sam

Photo: PBS Library of Congress

En trois fois deux heures, Ken Burns, le documentariste habitué des formats au long cours — en 2007, son film acclamé The War, d’une durée de 14 heures, avait en effet dû être présenté en quatre séances au Festival de Cannes —, examine la responsabilité des États-Unis dans l’Holocauste. Si les Américains ont combattu le nazisme allemand parmi les Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale, le récit des sauveurs universels de l’Occident tient moins bien la route lorsqu’il s’agit de l’accueil et du traitement des populations juives à partir des années 1930 et de l’accession au pouvoir d’Hitler.

The U.S. and the Holocaust explore ainsi scrupuleusement la montée de l’antisémitisme et du racisme, tout comme la place occupée par l’eugénisme jusqu’aux plus hautes sphères intellectuelles et politiques, tant dans l’Europe de l’entre-deux-guerres qu’aux États-Unis. En témoigne notamment le succès considérable auprès de la classe moyenne de l’ouvrage d’Henry Ford The International Jew, l’une des sources par ailleurs citées par Hitler dans son manifeste Mein Kampf.

Grâce aux archives et aux entrevues accordées par des historiens et des rescapés de la Shoah, The U.S. and the Holocaust met en lumière non seulement les nombreuses contraintes introduites par l’administration américaine pour les juifs européens dans l’attribution des visas, mais aussi la manipulation pratiquée par les dirigeants afin de masquer la crise humanitaire. De fait, le documentaire montre subtilement que la politique migratoire stricte des États-Unis établie à l’époque prévaut aujourd’hui encore.

The U.S. and the Holocaust

PBS, les 18, 19 et 20 septembre, 20 h

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