Une «Garde partagée» à haut potentiel comique

Une scène tirée de la série «Garde partagée».
Photo: UNIS TV Une scène tirée de la série «Garde partagée».

Il ne faut pas s’y tromper : Garde partagée est tout sauf une comédie familiale. Destinée à un public averti, la série à sketchs détonne par le franc-parler très cru de ses interprètes. Si elles peuvent parfois s’avérer difficiles, il faut dire que les situations vécues par les parents célibataires au quotidien possèdent un fort potentiel divertissant.

C’est la raison pour laquelle le réalisateur Christian Essiambre n’a pas hésité un seul instant avant de se lancer dans l’aventure. « Nous devons tous pouvoir vivre ou, dans mon cas, aider à vivre ces événements un peu mieux. Mettre un sourire sur ces situations délicates est nécessaire », indique-t-il. De l’absurde à la mauvaise foi en passant par la comédie musicale et la comédie franche, Garde partagée provoque en réalité bien plus qu’un simple sourire : elle suscite une succession d’éclats de rire.

L’un des coscénaristes de la série, Jean-Sébastien Levesque, souligne à ce propos que lui et son équipe ont avant tout été influencés par le terreau fertile qu’offre la banalité cocasse de la vie de tous les jours. « Composer des sketchs à partir de ces moments que l’on vit en tant que parents est tout à fait fantastique et presque thérapeutique, puisque l’on découvre une nouvelle perspective sur certaines choses. Avec ou sans enfants, la variété des situations possibles est infinie », ajoute-t-il.

Jean-Sébastien Levesque confie notamment avoir éprouvé un certain plaisir à mettre en opposition des incompatibilités de caractère. « Forcément, quand nous créons un parent hippie et que son ex est une personne plutôt tendue, ça fait des étincelles ! »

« Même s’ils sont exagérés, les sketchs ressemblent toujours à la réalité », affirme de son côté la comédienne Tanya Brideau. Elle se réjouit d’avoir pu participer à l’aventure de Garde partagée, dans laquelle elle tient le rôle de plusieurs personnages, format oblige. Elle espère que le public trouvera le résultat attachant et ludique, et qu’il pourra s’y identifier.

Il faut avoir beaucoup d’autodérision et d’imagination dans la vie pour gérer les conflits de situation, parfois extrêmement compliqués, au sein des familles.

 

« Il faut avoir beaucoup d’autodérision et d’imagination dans la vie pour gérer les conflits de situation, parfois extrêmement compliqués, au sein des familles. » Selon Tanya Brideau, la présence des enfants apporte à la série quelque chose d’encore plus amusant et loufoque. « Surtout quand ils doivent se faire jeter dans une piscine ! »

Une Acadie en effervescence

 

L’actrice trouve aussi de la satisfaction dans l’essence de ce projet de la francophonie canadienne hors Québec. « Si nous avons reçu le soutien des comédiens Rémi-Pierre Paquin et Martin Vachon, par exemple, sur le tournage, l’ensemble de la production et une bonne partie de la distribution sont acadiennes. Me retrouver dans une série francophone au Nouveau-Brunswick est irremplaçable. » Si la province maritime est bilingue, Tanya Brideau n’hésite pas à rappeler que le français parlé y est malgré tout minoritaire. « Il ne faut jamais sous-estimer la valeur de ces fictions pour la communauté et les artistes locaux. »

Pour sa part, Jean-Sébastien Levesque évoque l’incontournable question de la représentativité dans les médias. « N’oublions pas que de nombreux francophones canadiens ont une culture différente de la culture québécoise, fait-il remarquer. C’est étrange de le dire en tant que minorité linguistique, mais, nous aussi, nous aimons avoir l’occasion de nous voir à la télévision. »

Christian Essiambre va même un peu plus loin. Le projet d’envergure que constitue Garde partagée pour l’Acadie permet aussi un éloignement par rapport aux stéréotypes. « Nous voulons véritablement nous séparer des clichés de la Sagouine, du bateau de pêche et du gros accent chiac qui nous collent à la peau ailleurs. Je suis convaincu que, peu à peu, les gens vont apprendre à connaître l’Acadie sous ses multiples facettes. »

Pour lui, les sketchs qu’il a dirigés sont universels et, par leur thème, dépassent le cadre du Nouveau-Brunswick. « Nous n’avons pas souhaité appuyer sur le fait que Garde partagée est acadienne. Oui, la série se déroule dans la région de Moncton, et, oui, nos acteurs ont des accents. Mais tout le monde a un accent, n’est-ce pas ? » Christian Essiambre insiste : « Nous vivons des choses normales et nous allons nous en servir sans forcément [jouer la] carte de visite acadienne. Nous sommes fiers de notre communauté, bien sûr, mais nous sommes simplement fiers d’être francophones. » Et si, en définitive, le rire était un accent comme un autre ?

Garde partagée

Unis TV, dès le 20 septembre, 19 h

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