Des séries américaines teintées par les couleurs de l’automne

Guillermo del Toro présente lui-même son Cabinet of Curiosities, une série d’anthologie sur quelques histoires horrifiantes qu’il a méticuleusement sélectionnées.
KEN WORONER NETFLIX Guillermo del Toro présente lui-même son Cabinet of Curiosities, une série d’anthologie sur quelques histoires horrifiantes qu’il a méticuleusement sélectionnées.

La saga Star Wars n’en finit pas de s’agrandir. Andor (Disney+, dès le 21 septembre), la dernière-née de la galaxie Lucasfilm, signée Tony Gilroy, se concentre sur le personnage éponyme de Cassian Andor, joué par Diego Luna (Narcos: Mexico), et sur sa lutte de héros rebelle contre l’Empire quatre ans avant les épisodes de Rogue One.

Toujours chez Lucasfilm, la série fantastique Willow développée par Jonathan Kasdan et Wendy Mericle (Disney+, dès le 30 novembre), suite du film du même nom de 1988 de Ron Howard produit par George Lucas, évidemment, revisite cet univers magique où une reine diabolique et les forces du mal doivent être combattues. 

Près de trente ans après le film de Neil Jordan avec Kirsten Dunst, Tom Cruise et Brad Pitt, le roman d’Anne Rice Interview with the Vampire est encore adapté à l’écran, pour le petit cette fois, et par Rolin Jones (AMC+, dès le 2 octobre). Dans la nouvelle version, annoncée plus queer, Sam Reid (Belle, The Newspaper) est Lestat, tandis que Jacob Anderson (Game of Thrones) apparaît sous les traits de Louis et que Bailey Bass prend ceux de Claudia.

Steven Levitan, le créateur de Modern Family, revient avec Reboot (Disney+, dès le 20 septembre), une série dans laquelle la plateforme Hulu tourne justement un reboot de Step Right Up — une sitcom familiale du début des années 2000 pour le coup bien fictive — réalisé par une cinéaste indépendante, Hannah (Rachel Bloom, Crazy Ex-Girlfriend), avec une distribution dysfonctionnelle, dont Johnny Knoxville (Jackass Forever) et Judy Greer (Jawbreaker).

Du cinéma aux séries

 

Deux réalisateurs ont choisi de transposer leur univers cinématographique en séries pour le géant du streaming mondial Netflix. Le premier, Guillermo del Toro, oscarisé en 2018 pour The Shape of Water, présente lui-même son Cabinet of Curiosities (dès le 25 octobre), une série d’anthologie sur quelques histoires horrifiantes qu’il a méticuleusement sélectionnées. Le premier épisode, par exemple, Dreams in the Witch House, a été réalisé par Catherine Hardwicke (Thirteen) d’après une nouvelle de H.P. Lovecraft et met en vedette Rupert Grint (Harry Potter).

Si on ne connaît pas encore la date exacte de sa sortie, Wednesday, de Tim Burton, est assurément l’autre événement de l’automne sur Netflix. Le cinéaste derrière Beetlejuice s’attaque pour sa part au parcours de Mercredi (Jenna Ortega), la fille de la famille Addams, le temps de huit épisodes à la Nevermore Academy. Catherine Zeta-Jones et Luis Guzmán sont respectivement Morticia et Gomez Addams, et Christina Ricci, qui était Mercredi en 1991 dans le film La famille Addams, de Barry Sonnenfeld, y tient un rôle encore tenu secret.

 Un automne sombre

The Idol (HBO, date pas encore annoncée), nouvelle série de A24 coécrite par The Weeknd, Reza Fahim et Sam Levinson, le créateur d’Euphoria, immerge le spectateur dans l’industrie tordue et décadente de la musique à Los Angeles, où la drogue, l’alcool et le sexe prennent souvent le dessus sur l’art. Une jeune pop-star incarnée par Lily-Rose Depp y entretient une relation romantique tourmentée avec le propriétaire d’un club (The Weeknd), également à la tête d’un mystérieux culte… Les musiciens Troye Sivan et Kim Jennie, ainsi que Dan Levy (Schitt’s Creek) et Rachel Sennott (Shiva Baby) prennent aussi part à l’aventure.

Dans The Midnight Club (Netflix, dès le 7 octobre), de Mike Flanagan, un groupe de huit adolescents condamnés par la maladie se retrouvent chaque soir à minuit au Brightcliffe Hospice pour se donner la chair de poule en se racontant des histoires terrifiantes.

Magpie Murders (Masterpiece, PBS, dès le 16 octobre) est quant à elle une série noire adaptée du succès d’Anthony Horowitz par l’auteur lui-même. Lesley Manville (Phantom Thread) y interprète une éditrice qui se voit remettre le manuscrit d’un écrivain récemment décédé et auquel la fin semble manquer.

Toujours sur PBS, The U.S. and the Holocaust (18 septembre) interroge l’inaction, ou à tout le moins l’inadaptation, des Américains face à la montée du nazisme dans les années 1930 en Allemagne. Le documentaire de Ken Burns, Lynn Novick et Sarah Botstein établit aussi un parallèle avec les manifestations des suprémacistes blancs de 2017 à Charlottesville et l’attaque du Capitole l’année dernière.

Pendant ce temps, en Europe

 

La série de fiction Le monde de demain (Netflix, prévue cet automne), de Katell Quillévéré (Réparer les vivants) et Hélier Cisterne (Le bureau des légendes), revient enfin sur la naissance du mouvement hip-hop français dans les années 1980 et la montée en puissance du groupe NTM, formé par JoeyStarr et Kool Shen, de Dee Nasty, premier DJ de musique rap en France, et de la danseuse et graffeuse Lady V.

Plus de soixante ans après les premiers films avec Romy Schneider, Netflix, encore lui, propose une vision remise au goût du jour d’Élisabeth de Bavière, plus connue sous le nom de Sissi, avec L’impératrice (dès le 29 septembre). Au-delà des relations tumultueuses de Sissi avec la cour de Vienne, la minisérie allemande de Katrin Gebbe et Florian Cossen aborde aussi la géopolitique européenne du XIXe siècle.

Enfin, The English (dès le 10 novembre), western écrit et réalisé par Hugo Blick, coproduit par la BBC et Prime Video, relate la quête de revanche d’une mère (Emily Blunt) à la suite du décès de son fils.

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