«Indéfendable»: justice, crime et innocence

Sébastien Delorme et Nour Belkhiria dans «Indéfendable». «Nous avons souhaité montrer comment le processus judiciaire se passe véritablement. [...] Il n’y a pas d’exagération ou de vitamines ajoutées», souligne le créateur de la série, Me Richard Dubé. 
Photo: Karl Jessy Sébastien Delorme et Nour Belkhiria dans «Indéfendable». «Nous avons souhaité montrer comment le processus judiciaire se passe véritablement. [...] Il n’y a pas d’exagération ou de vitamines ajoutées», souligne le créateur de la série, Me Richard Dubé. 

« Les criminalistes sont souvent associés au crime. Le but d’Indéfendable, la toute première fiction quotidienne originale de TVA, est de montrer qui nous sommes. »

Me Richard Dubé est avocat criminaliste à temps plein depuis 38 ans. Il a même travaillé à la Cour pénale internationale, à La Haye, pendant le procès associé au génocide du Rwanda. Des jurys et des meurtres, il en a donc vu passer beaucoup. « J’ai eu l’idée de la série il y a 20-25 ans. Parce que ma pratique du droit criminel est journalière, mon parcours me permet d’alimenter l’histoire assez facilement. Quand j’écris, ça coule », explique l’idéateur d’Indéfendable. Si l’équipe de scénaristes « à l’américaine » pimente les intrigues et améliore les synopsis de l’autrice principale de la série, Nadine Bismuth, Me Richard Dubé s’occupe entre autres de la rédaction des dialogues.

« [Ce qui se dit] lorsqu’un client arrive dans le bureau des avocats, il n’y a que moi qui peux l’écrire. Il en va de même pour les audiences, le verdict, le debriefing, etc. »Indéfendable explore ainsi les réalités du cabinet montréalais dirigé par Me Léo MacDonald (Sébastien Delorme) et Me André Lapointe (Michel Laperrière).

Anne-Élisabeth Bossé y tient pour sa part avec brio — il s’agit peut-être d’une de ses meilleures interprétations à ce jour —  l’un des autres rôles principaux, celui de Me Marie-Anne Desjardins, qui pratique le droit criminel depuis une dizaine d’années, mais qui se remet tout juste à plaider après une pause de deux ans. « Marie-Anne n’a pas sa langue dans sa poche, mais elle a du coeur. Elle est un peu tough love, mais elle a beaucoup d’humour », explique la comédienne. « Plus la série avance, plus on plonge dans la vie personnelle des protagonistes. La mienne, notamment, va essayer de se définir en dehors de sa carrière, car tout le monde évolue face à l’adversité, qui nous force à nous redéfinir. »

En accompagnant son personnage au fil du rythme de l’émission, Anne-Élisabeth Bossé a aussi pu en apprendre davantage sur le système judiciaire québécois. « Je n’y connaissais rien. Je n’étais même jamais rentrée dans un palais de justice. Grâce à Indéfendable, j’ai désormais beaucoup de respect pour la profession de criminaliste, qui est un métier noble. Mes préjugés sont tous tombés », dit-elle. Et de poursuivre : « Il ne faut pas se fier aux apparences. Tout le monde a droit à une défense pleine et entière, à la présomption d’innocence. »

Authenticité et transparence

 

Les épisodes de la série en témoignent : la présomption d’innocence est le ciment qui lie les avocats en droit criminel à leur profession.

« Nous sommes des personnes de valeurs. La défense de la présomption d’innocence est ce qui nous motive chaque jour », renchérit Me Richard Dubé. « Nous ne soutenons ni l’individu ni le crime, mais le droit d’être présumé innocent et tout ce qui en découle. Par ailleurs, on dit souvent que l’avocat de la défense est le dernier rempart avant l’état policier. »

En entrouvrant la porte de cet univers méconnu du plus grand nombre, l’idéateur promet également beaucoup de surprises aux téléspectateurs. « Les gens ne s’en aperçoivent pas, mais les criminels que nous voyons dans nos bureaux sont monsieur et madame Tout-le-Monde. Bien sûr, le crime organisé, par exemple, existe. Dans la pratique, cela ne représente cependant que très peu [des causes] », précise-t-il.

Par souci d’éducation, Me Richard Dubé assure aussi qu’une panoplie de cas riches en émotions seront présentés par la voie d’Indéfendable. « Nous avons souhaité montrer comment le processus judiciaire se passe véritablement, avec les notions de droit et les moments stratégiques qu’il implique. Il n’y a pas d’exagération ou de vitamines ajoutées », souligne le créateur de la série. Puisque le quotidien d’un criminaliste est déjà spectaculaire, ponctué de drames humains et enraciné dans un engagement infaillible envers les accusés malgré les crimes qu’ils ont commis, pourquoi en faire plus ?

Enfin, Me Richard Dubé et l’équipe de scénaristes ont apporté un soin particulier au traitement des victimes dans leur série. « Ce n’est pas parce que nous exposons la mission des avocats de la défense que nous voulons diminuer celle des autres acteurs du système judiciaire. On n’interroge pas une présumée victime d’agression sexuelle comme on interroge un tueur à gages. On fait ça délicatement et avec respect ! » conclut-il.

Indéfendable

TVA, du lundi au jeudi à 19 h,dès le 12 septembre

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