«Rollerdrome»: une charmante dystopie

Visuellement, Rollerdrome est tout simplement magnifique. Ses couleurs fortes, ses contrastes élevés et son look «croquis» se marient bien avec son design rétro futuriste inspiré des années 1970.
Photo: Roll7 Visuellement, Rollerdrome est tout simplement magnifique. Ses couleurs fortes, ses contrastes élevés et son look «croquis» se marient bien avec son design rétro futuriste inspiré des années 1970.

Si les séries de jeux Tony Hawk’s Pro Skater et Max Payne pouvaient avoir un bébé, il ressemblerait certainement à Rollerdrome. Le nouveau jeu du studio britannique Roll7, à qui l’on doit aussi l’excellente série OlliOlli, est une charmante dystopie à haut indice d’octane.

D’emblée, le volet narratif de Rollerdrome est mince comme du papier. Nous sommes en 2030, le monde tel qu’on le connaît est parti en vrille (surprise !) et sa population, misérable, a désespérément besoin de distractions. Un nouveau sport sanglant, le Rollerdrome, est donc créé. Ses concurrents, dont notre protagoniste Kara Hassan, sont lancés dans l’arène tels des gladiateurs sur patins à roulettes. Difficile de ne pas voir en Rollerdrome une sorte de lettre d’amour à Rollerball (1975), ou encore à The Running Man (1987). Il reprend les mêmes thèmes, sauf qu’ici l’histoire ne sert qu’à justifier le principe du jeu. L’unique objectif du Rollerdrome est de se hisser au sommet du tableau de pointage.

Chaque arène est conçue comme un planchodrome, avec ses demi-lunes, ses rampes et ses rails parsemés d’une variété d’ennemis que l’on doit tuer. On doit cependant le faire avec panache, puisque notre réserve de munitions, limitée, ne se recharge qu’en effectuant des acrobaties ou des esquives parfaites. Il en découle une boucle de jeu très rapide dans laquelle on cherche l’équilibre entre le mouvement et l’attaque. On doit réfléchir à qui sera notre prochaine cible, juger de la bonne arme à utiliser et s’assurer qu’on a assez de munitions pour l’abattre. Un tireur d’élite sera toujours une nuisance puisqu’il peut nous avoir dans sa ligne de mire à tout moment. Les grosses brutes, elles, lancent des mines qui rendent la navigation dans l’arène plus difficile. On marque des points avec nos pirouettes et chaque ennemi tué augmente notre multiplicateur de combos. Nos adversaires deviennent ainsi les partenaires de danse d’une chorégraphie minutieuse pour atteindre le meilleur pointage possible.

La progression d’un niveau à l’autre (une douzaine au total) se fait en accomplissant des défis spécifiques à chacun d’eux. Cela peut être simplement l’obtention d’un pointage élevé, ou l’exécution d’une figure spéciale à un endroit précis de l’arène, ou encore l’élimination de certains types d’ennemis de manière particulière. Le jeu comporte tout un tas de mouvements qui ne demandent qu’à être maîtrisés et, heureusement, les contrôles sont intuitifs.

Visuellement, Rollerdrome est tout simplement magnifique. Ses couleurs fortes, ses contrastes élevés et son look « croquis » se marient bien avec son design rétro futuriste inspiré des années 1970. Son seul problème, à notre avis, est qu’il manque de variété dans ses arènes, ce qui ne rend pas justice à sa direction artistique.

Pour nous, Rollerdrome entre dans cette catégorie de jeux dont la qualité est difficile à exprimer en mots, car elle est avant tout liée aux sensations que l’on ressent en y jouant. On le suggère aux gamers qui aiment se surpasser et qui recherchent une expérience dystopique excitante.

Rollerdrome

★★★★

Développé par Roll7 et publié par Private Division et Take-Two Interactive. Offert sur PlayStation 4 5 et sur Microsoft Windows.

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