Comment écrire une bonne comédie?

Louis Morissette sur le plateau de la série «Éc(rire)»
Photo: Koze Louis Morissette sur le plateau de la série «Éc(rire)»

L’École nationale de l’humour dévoile lundi une série de capsules et de balados avec des scénaristes comiques connus, comme Patrick Huard, Ricardo Trogi ou encore Louis Morissette. L’occasion pour eux de s’épancher sur leur processus de création et de raconter la genèse de leurs projets phares, le tout dans l’espoir avoué de donner envie à d’autres de prendre la relève.

Au Québec, le travail des scénaristes est bien différent de celui qui se fait au sud de la frontière, où des hordes d’auteurs convergent dans des bureaux de Los Angeles pour discuter de la moindre virgule d’un texte de sitcom. Ici, écrire une comédie pour la télévision ou le cinéma demeure un exercice largement solitaire, même si la tendance est de plus en plus à la coscénarisation.

Et les méthodes de travail varient énormément d’un scénariste à l’autre. Rien ne peut davantage opposer par exemple une Kim Lizotte d’un Émile Gaudreault. La première a trouvé l’inspiration pour Les Simone à la dernière minute, accouchant de ses idées en pleine nuit, sans jamais demander l’avis de ses proches ; le second, lui, travaille de manière beaucoup plus routinière, et il s’est nourri des commentaires de son entourage lorsqu’il a imaginé les films à succès De père en flic et Menteur.

Photo: Koze Sur le plateau de la série Éc(rire), présentée par l’École nationale de l’humour

« Il n’y a pas de bonne recette pour écrire. Ce qu’on voulait faire avec cette série, c’est montrer différentes façons de créer afin d’en inspirer d’autres. Il y avait un gros manque à combler au Québec. Le métier de scénariste n’est pas toujours reconnu à sa juste valeur ici. Les jeunes humoristes devaient jusqu’ici écouter des classes de maître d’humoristes américains pour en apprendre plus sur ce métier », note Louise Richer, directrice de l’École nationale de l’humour.

L’institution a pu donner vie à ce projet, intitulé Éc(rire), grâce à l’enveloppe budgétaire débloquée par Netflix pour soutenir les projets locaux. La série de capsules, tournées en 2020 et 2021, est disponible cependant non pas sur la plateforme américaine, mais bien sur le site Internet de La Fabrique culturelle de Télé-Québec et sur celui de Noovo. Les 18 vidéos d’une demi-heure sont aussi disponibles en version longue sur l’application iHeartRadio sous forme de balados. Plusieurs gros noms de l’industrie ont accepté de se livrer dans le cadre de ce projet, à commencer par Claude Meunier, Guy A. Lepage, Martin Matte, mais aussi Florence Longpré ou encore Marc Brunet, l’homme de l’ombre derrière Marc Labrèche.

L’envers du décor

L’École nationale de l’humour est convaincue que cette série d’entretiens saura intéresser tant les gens du milieu que le grand public. D’autant plus qu’avec la tonne de balados et de séries documentaires qui traitent des des coulisses du milieu de l’humour, comme Sous écoute de Mike Ward ou Comment être drôle de Julien Corriveau, les gens sont de plus en plus avides d’en apprendre davantage sur l’envers du décor de ce monde jadis opaque.

« C’est un gros changement dans le monde de l’humour depuis quelques années. Je me souviens de l’époque de RBO, où il y avait des émissions de débat où on se demandait si les blagues allaient trop loin. Les gars refusaient de s’expliquer sur leur démarche artistique au nom de leur liberté artistique. Aujourd’hui, c’est le contraire. Tout le monde parle de son processus de création », souligne Louise Richer.

Il est encore trop tôt pour dire si Éc(rire) aura droit à une seconde saison. La directrice de l’École nationale de l’humour reconnaît qu’elle aimerait cette fois mettre à la même table deux humoristes afin qu’ils discutent de leurs différentes approches par rapport à leur métier.

Les capsules vidéo d’Éc(rire) sont disponibles sur les sites de La Fabrique culturelle et de Noovo. Les entretiens en version longue sont hébergés sous forme de balados sur l’application iHeartRadio.

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