«Gaslit»: l’autre face d’un scandale

Julia Roberts et Sean Penn dans la minisérie historique «Gaslit»
Photo: Hilary Bronwyn Gayle Starz Entertainment Julia Roberts et Sean Penn dans la minisérie historique «Gaslit»

Il suffit d’écouter les cinq premières minutes de la minisérie historique Gaslit pour en saisir le ton. Cette reconstitution de l’affaire du Watergate, vue de l’intérieur des officines du pouvoir républicain, sera crue, vulgaire et aussi grotesque que les protagonistes — à commencer par G. Gordon Liddy, l’architecte de la foireuse opération d’écoute illégale aux quartiers généraux du Parti démocrate — de ce scandale qui a poussé le président Nixon à donner sa démission en 1974.

L’histoire est célèbre, mais le créateur de la série, Robbie Pickering (à qui on doit l’excellent thriller dystopique Mr. Robot avec Sam Esmail, producteur exécutif de Gaslit), s’attarde particulièrement au rôle de l’épouse du procureur général John Mitchell (comptez quelques secondes avant de reconnaître un Sean Penn transfiguré !), la colorée Martha Mitchell, surnommée dans les médias américains « The Mouth of the South », interprétée par une Julia Roberts qui brûle l’écran à chacune de ses scènes.

Élément oublié de toute cette affaire, Martha Mitchell, qui aime l’attention médiatique et ne cache pas son opposition à la guerre du Vietnam, sera maintenue en captivité par les agents de sécurité embauchés par son mari, occasionnellement battue et volontairement coupée du monde, de peur qu’elle ne révèle l’implication du comité de réélection du président Nixon dans l’affaire. De rebondissement en rebondissement se révèle, à travers cette divertissante série, une culture pourrie de l’engagement politique partisan qui, malheureusement, fait écho au contexte actuel dans cette Amérique lancée sur la voie des élections de mi-mandat.

 

Gaslit

Crave, dès le 24 avril

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