«Anatomie d’un scandale»: le viol et elles

Le suspense de David E. Kelley éclaire un présumé viol du point de vue des personnages féminins.
Photo: Netflix Le suspense de David E. Kelley éclaire un présumé viol du point de vue des personnages féminins.

Le prolifique scénariste américain David E. Kelley a récemment eu le flair pour adapter à l’écran des œuvres littéraires qui radiographiaient les pires travers de personnages bourgeois, aux apparences irréprochables qui camouflaient des horreurs. On a qu’à penser à Big Little Lies et à The Undoing.

Il réussit encore une fois cet exercice (avec le concours de la dramaturge canadienne Melissa James Gibson) avec le roman à succès Anatomie d’un scandale, un thriller politique, judiciaire et psychologique qui raconte les dessous d’un procès pour viol d’un populaire ministre du gouvernement britannique (Rupert Friend), principalement des points de vue de la plaignante (Naomi Scott), de la procureure de la Couronne (Michelle Dockery) et de la femme de l’accusé (Sienna Miller).

Et c’est là que réside l’intérêt principal de cette minisérie aux allures de « drame de salle d’audience » (un genre dont Kelley maîtrise parfaitement les codes grâce à L.A. Law et à The Practice), qui nous replonge par moments dans le passé trouble de ses quatre personnages principaux, pour révéler leurs failles, leurs incertitudes, leurs regrets, et ainsi éclairer le téléspectateur sur leur posture face aux actes dont serait coupable l’accusé, et sur d’autres événements et gestes dont on taira ici la nature.

Le récit chronologique du procès, jumelé à ces retours en apparence désorganisés dans le passé parfois lointain des trois protagonistes féminines, donne encore plus de coffre et de crédibilité au jeu subtil de leurs interprètes, qui sont sans contredit l’un des atouts majeurs de cette production plus originale qu’elle n’y paraît.

Anatomie d’un scandale

Netflix, dès le 15 avril

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