«Triangle Strategy»: plus nostalgique que nous

Nintendo fait un retour somme toute heureux à la formule du RPG stratégique japonais.
Photo: Nintendo of America Nintendo fait un retour somme toute heureux à la formule du RPG stratégique japonais.

Après le — bien reçu — jeu de rôle au tour par tour Octopath Traveller, le réalisateur Tomoya Asano joue de nouveau sur la corde nostalgique avec Triangle Strategy, un jeu de rôle stratégique lourdement inspiré des classiques Final Fantasy Tactics et Tactics Ogre. Un retour somme toute heureux à une formule éprouvée, mais aux bagages lourds et parfois bien encombrants.

On y découvre l’histoire de Serenoa Wolffort, un noble héritier qui doit faire face à un destin trouble alors que trois nations récemment devenues alliées se retrouvent au bord d’une nouvelle guerre fratricide. Le jeune noble doit naviguer au sein d’un triangle mortel, choisissant avec soin ses alliés et, par extension, ses ennemis. Une histoire d’idéaux et de coups de poignard dans le dos. Et, oui, il y a une princesse à sauver. On n’y échappe pas.

On a choisi de jouer avec les voix originales, en japonais, avec sous-titrage en anglais. Les dialogues sont bien rendus, mais c’est verbomoteur à l’extrême. On passe le plus clair de notre temps à suivre les tribulations des hauts dignitaires de chaque nation plutôt qu’à combattre. Point important : nos décisions, prises avec nos alliés au terme de votes, nous ont toujours donné l’impression d’avoir du poids.

Le système de combat est franchement bien fait. Tomoya Asano, à qui l’on doit entre autres Bravely Default et ses suites, a décidé d’adapter au goût du jour la formule, la simplifiant en partie. C’était un vrai plaisir que de retrouver cette perspective isométrique, à la manière d’un jeu d’échecs qu’on peut faire pivoter. Chaque personnage a une classe unique, nous forçant à trouver des solutions créatives aux scénarios présentés. L’ajout d’environnements destructibles est un atout.

Toutefois, après avoir joué une dizaine d’heures à Triangle Strategy, impossible de ne pas noter qu’on aurait pu épurer encore la chose. Le processus pour faire évoluer nos combattants, par exemple, est lourdingue. N’y a-t-il pas mieux à faire que de suivre deux systèmes d’évolution différents qui requièrent chacun de nombreux objets à collectionner ? Certains, plus nostalgiques que nous, apprécieront peut-être.

Le studio Artdink, responsable du développement, a fait le choix judicieux de reprendre le moteur d’Octopath Traveler, basé sur l’Unreal Engine 4. Environnements en 3D, personnages en 2D pixélisés et effet de lentille macro, il résulte de tout cela une esthétique rétro-moderne absolument magnifique.

Dommage que la Nintendo Switch soit incapable de suivre la cadence. Sur le mode portatif, qu’on juge être la façon idéale de jouer à ce type de jeu, Triangle Strategy rendait visiblement sous les 720p natifs de l’appareil. Le taux de rafraîchissement des images tombait régulièrement sous les trente images par seconde, surtout lorsque des effets plus intenses prenaient place. On note aussi des problèmes de crénelage franchement désagréables.

Ça commence à devenir une constante navrante sur la console hybride de Nintendo. À chaque nouvelle sortie, on prie pour une version PC.

 

Triangle Strategy

★★★

Conçu par Artdink et édité par Nintendo (Square Enix au Japon). Offert pour Nintendo Switch seulement.

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