Sur vos écrans: Objectif santé

Georges-Henri Fortin, un aîné rencontré dans le documentaire «Vieillir autrement»
Photo: Radio-Canada Georges-Henri Fortin, un aîné rencontré dans le documentaire «Vieillir autrement»

Pour rester chez soi, longtemps

 

La première vague de la pandémie de coronavirus nous aura forcés àadmettre quelque chose que nous savions tous déjà : il faut changer la façon dont nous traitons les personnes âgées dans notre société, et pas seulement en améliorant les services dans les ressources hospitalières et d’hébergement actuelles. En effet, nos « vieux », déjà très nombreux dans notre société vieillissante, le seront encore plus dans quelques années : en 2031, une personne sur quatre au Québec sera âgée de 65 ans et plus. C’est là l’une des statistiques frappantes que met en lumière le documentaire réalisé et scénarisé par Mariane McGraw (Femme, je te tue) consacré aux solutions proposées par le Dr Stéphane Lemire, qui mise sur la gériatrie sociale, une façon de sortir cette spécialité de la médecine du giron exclusif des hôpitaux pour l’amener là où se trouvent les aînés, et ainsi travailler en équipe avec des gens de « terrain » pour améliorer leurs conditions de vie.

Ce gériatre (un parmi la petite centaine qui pratique au Québec) a mis sur pied en 2018 une fondation qui fait la promotion de la gériatrie socialeen venant en aide à des organismes communautaires et à des entreprises d’économie sociale qui permettent déjà à des personnes âgées de rester actives, autonomes et à la maison dans les meilleures conditions possible. Le film donne à voir le travail de terrain qu’accomplissent les organismes qui participent à un projet pilote de cette fondation, qui a reçu un financement de la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, à travers l’expérience des travailleurs dévoués et celles des aînés qui en bénéficient. Malheureusement, on a souvent l’impression de se trouver devant un exercice de relations publiques au profit de cette fondation, dont le projet est au demeurant fort louable, tellement ce documentaire concentre toute son attention sur le projet du Dr Lemire et n’élargit pas ses horizons sur ce qui peut se faire dans le même domaine au Canada ou ailleurs dans le monde. Un peu de mise en perspective l’aurait sans doute rendu encore plus intéressant.


Vieillir autrement
ICI Télé, samedi, 22 h 30 et sur Tou.tv

 

Chronique d’une course au vaccin

 

Parmi les « exploits » réalisés par la communauté scientifique internationale durant cette pandémie toujours pas finie, l’un qui restera sans aucun doute dans les mémoires est la vitesse exceptionnelleà laquelle ont pu être développés des vaccins efficaces pour contrer les symptômes les plus sévères de la COVID.

Le documentariste américain David France (Bienvenue en Tchétchénie) s’est intéressé de près à cette « course » et en a dressé une chronique scientifique, sociale et politique. Son film donne à entendre et à voir en action les scientifiques à la tête des équipes de recherche des géants pharmaceutiques et les dirigeants d’organisations qui ont participé à cet effort sans précédent, dont l’OMS et l’initiative COVAX.

Le récit (parfois dans le désordre) de cette quête scientifique en accéléré est remis dans son contexte politique et social singulier, entre les impératifs de la classe politique (surtout américaine et occidentale) et des leaders économiques de trouver rapidement un vaccin, les efforts de désinformation venant de toutes parts, les réticences de certains envers la vaccination et les efforts de terrain (illustrés ici par l’exemple d’une communauté chrétienne de Pittsburgh) pour convaincre les gens de relever leurs manches, sans oublier pour autant les conséquences des inégalités dans la distribution des vaccins entre pays riches et moins nantis. Il en ressort un portrait certes pas complètement inconnu ni surprenant de la pandémie et de la lutte contre la COVID, mais assurément nuancé et admirablement orchestré.


How to Survive a Pandemic
HBO et Crave, mardi, 21 h

 

S’accrocher à la couture

 

La toute dernière création de Michel Marc Bouchard a fait vibrer le public du Théâtre du Nouveau Monde (et un peu partout en province) l’automne dernier. Embrasse, qui explore les thèmes chers au dramaturge, raconte la relation complexe entre une mère, extravagante et parfois violente, aux ambitions plus grandes que son magasin de tissus de région (Anne-Marie Cadieux), et son fils (Théodore Pellerin), fragile, qui s’accroche à la vie grâce à sa passion pour la haute coutureet à l’aide du fantôme d’Yves Saint Laurent (Yves Jacques). Télé-Québec poursuit sa nouvelle tradition pandémique en présentant une captation de cette œuvre saluée par la critique.


Embrasse
Télé-Québec, samedi, 21 h, rediffusion dimanche, 21 h et à telequebec.tv
 

MC recherché, encore

La fin des faibles, la réjouissante compétition de rap francophone de Télé-Québec, revient pour une deuxième saison pour nous faire découvrir huit participants — des recrues, des vétérans et même un « revenant » de la première saison — qui aspirent tous et toutes au titre de meilleur « maître de cérémonie » et à participer au volet international d’End of the Weak. Nul besoin d’être fan de rap pour apprécier ce concours d’habileté poétique et de performance scénique animé avec enthousiasme par Pierre-Yves Lord.
 

La fin des faibles
Télé-Québec, mardi, 22 h, rediffusions vendredi, 22 h et dimanche, 19 h et à telequebec.tv



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