Stéphanie Lapointe, l’autrice qui chuchotait à l’oreille des ados

L’histoire  met en scène un groupe de jeunes, dont Charlie (Rosalie Pépin) qui,  à la suite d’un accident, sera séparée de son fidèle Orion. Entourée  de ses amis  et de Robin,  un nouvel entraîneur (Vincent Graton),  elle devra apprendre à apprivoiser l’imprévisible.
Unis TV L’histoire met en scène un groupe de jeunes, dont Charlie (Rosalie Pépin) qui, à la suite d’un accident, sera séparée de son fidèle Orion. Entourée de ses amis et de Robin, un nouvel entraîneur (Vincent Graton), elle devra apprendre à apprivoiser l’imprévisible.

Depuis Star Académie— il y a 18 ans déjà —, Stéphanie Lapointe a roulé sa bosse, emprunté plusieurs sentiers qui l’ont menée tranquillement, mais sûrement, vers cette nouvelle forme d’écriture qu’est la scénarisation. Dès le 11 mars, Unis mettra en ondes son tout nouveau projet, Les cavaliers, une série dans laquelle elle aborde avec délicatesse le thème de la performance.

Tournée à Rougemont, au centre équestre Mont Rouge, la série Les cavaliers nous sort de l’habituelle école, où se déroulent bon nombre de séries jeunesse. L’idée de travailler dans la nature, avec des animaux, est d’abord venue des producteurs de Trio Orange, une voie singulière qui a tout de suite plu à Stéphanie Lapointe. « Je me suis dit : “Quelle belle façon de créer un univers jeunesse !” […] On y aborde des thèmes qui vont plus loin que ce qui se passe entre les quatre murs d’une école. Je trouve ça le fun d’arriver avec un projet qui nous sort de l’univers scolaire. C’est un des côtés originaux du projet. »

L’histoire met en scène un groupe de jeunes, dont Charlie (Rosalie Pépin) qui, à la suite d’un accident, sera séparée de son fidèle Orion. Entourée de ses amis et de Robin, un nouvel entraîneur (Vincent Graton), elle devra apprendre à apprivoiser l’imprévisible.

Portée depuis toujours par les thèmes du renoncement, de l’échec et des relations parentales, l’autrice de la série Fanny Cloutier (Les Malins) avait ici un terrain de jeu foisonnant pour aborder les notions de compétition et de performance. « À quel point faut-il se mettre de la pression sur les épaules ? Est-ce qu’on réussit sa vie parce qu’on est un champion ? C’est une question qui m’habite parce qu’on pousse beaucoup les jeunes à devenir toujours meilleurs […] Mais est-ce qu’on peut tous être des numéros un ? Et est-ce que c’est ce qui va nous rendre heureux au bout du compte ? Ce sont des thèmes que je trouve importants et qu’on a essayé d’aborder dans la série », explique Stéphanie Lapointe.

Afin d’offrir un univers vraisemblable, l’autrice s’est entourée d’une solide équipe, comptant notamment Marie-Philippe Châtillon et Julie Roy en soutien aux textes. Les jeunes comédiens ont été entraînés, mais des doublures ont été nécessaires lors des sauts à obstacles. « On a fait beaucoup de recherche et il y avait des gens qui travaillaient avec moi. Pascale Tremblay-Wagner, la dame qui nous reçoit [au Centre équestre Mont Rouge], chez qui on tourne, est consultante pour les textes, et très souvent je les lui envoie avant même qu’ils soient approuvés chez le diffuseur pour que ce soit crédible. »

Tout le monde sur le plateau semble être bien entouré et chouchouté. C’est le cas aussi des chevaux, qui restent sans doute les maîtres des lieux, du moins si on se fie à cette anecdote racontée par la scénariste. « Il faisait vraiment chaud cet été et il nous restait juste une scène à faire, mais on a dû arrêter pour donner une douche au cheval. C’étaient vraiment les rois du tournage. »

Scénariste jeunesse

Chanteuse, comédienne, réalisatrice, autrice de livres jeunesse, Stéphanie Lapointe explique que la scénarisation reste un métier en soi, différent des autres sphères dans lesquelles elle a trempé. « Quand j’ai commencé et qu’il a fallu écrire 13 épisodes d’une demi-heure, je ne savais pas par où prendre ça […] C’est épeurant au début. Il y a tellement de choses à raconter. Et tu ne veux pas te perdre. Si tu commences à parler d’une quête, il faut que tu la boucles avant d’aller trop loin ailleurs. C’est un beau casse-tête. »

Défi qui est différent lorsqu’elle écrit un roman. « On peut alors se permettre de rester dans la tête des personnages, de faire du millage sur des choses qui sont très intérieures. Quand on travaille en fiction télé, il faut être dans l’efficacité. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de profondeur ou de poésie — j’en mets souvent dans mes projets et je trouve ça important —, mais une scène ne peut pas se terminer de n’importe quelle manière. Il faut un punch […] »

D’ailleurs, si sa route professionnelle a bifurqué depuis ses débuts, l’autrice confie avoir trouvé sa voie avec la scénarisation. « Ce métier-là, je ne veux pas le lâcher […] Je serais triste qu’on se reparle dans 10 ans et que je sois complètement ailleurs, parce que là, j’ai enfin l’impression de faire la bonne affaire. »

Peu importe le véhicule emprunté, elle souligne avant tout son amour pour les adolescents, ce public qui la fascine et pour qui elle aime particulièrement écrire. « C’est un passage obligé vers le monde adulte où on est à vif, pendant lequel les émotions sont vraies. On fait des erreurs, on se met le pied dans la bouche et c’est une période qui me touche beaucoup. »

Dans la saison 2, elle entend explorer des thèmes qui iront  plus loin encore. « J’ai la chance de travailler avec des producteurs audacieux et qui n’ont pas peur de dépeindre l’adolescence comme un moment qui peut être dur et cru parfois. J’ai applaudi à ça parce que nos ados ont tellement accès à toutes sortes de choses sur les plateformes de Netflix, sur les autres plateformes étrangères. Si on n’ose pas aller plus loin dans des sujets difficiles [avec nos séries], on va les perdre. Je suis bien contente d’avoir eu cette liberté-là. »

Les cavaliers

Unis, les vendredis, 17 h 30, dès le 11 mars ; aussi à tv5unis.ca dès le 1er mars.

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