«Dying Light 2» est une aventure zombie qui manque de mordant

Cette suite ploie sous le poids de son ambition narrative, mais compense par un parkour exceptionnel.
Photo: Techland Cette suite ploie sous le poids de son ambition narrative, mais compense par un parkour exceptionnel.

De nos jours, il est rare qu’une sortie fort attendue dans le monde des jeux vidéo ne soit pas source de division. Dying Light 2 : Stay Human (DL2 ci-après) n’y échappe pas. Loin d’être parfaite, cette suite du studio Techland n’est pourtant pas la catastrophe annoncée par certains critiques. Certes, il a connu à son lancement quelques ratés côté performance et il ne répond pas aux attentes d’un point de vue narratif, mais ses défauts n’en font pas un jeu fondamentalement mauvais.

Comme son prédécesseur, DL2 est un jeu d’action-RPG à la première personne dans un monde ouvert sur le thème d’une apocalypse zombie. Son récit se déroule 22 ans après le premier Dying Light (2015), dans la ville fictive de Villedor. On y joue le rôle d’Aiden Caldwell, un « pèlerin » (un nomade qui voyage d’une communauté de survivants à l’autre) à la recherche de sa sœur Mia, qu’il a vue pour la dernière fois alors qu’ils étaient encoreenfants. Pour avancer dans sa quête, Aiden devra rendre des services à des factions belligérantes qui se disputent l’influence sur la région.

D’emblée, on ne s’attend pas à ce que DL2 remporte un prix pour la qualité de son récit. Techland a du mal à nous donner une quelconque raison d’être investis dans la quête d’Aiden, au-delà du lien familial avec Mia. Les intrigues qui animent Villedor sont plombées par la piètre performance de nombreux acteurs et l’accumulation des clichés liés aux univers apocalyptiques. Sans parler de troublantes incohérences : on peut carrément tuer un personnage pour le voir réapparaître deux minutes plus tard, frais comme une rose, parce qu’on a fait tel ou tel choix de dialogue dans une cinématique. Choix qui, par ailleurs, détermineront laquelle des huit fins possibles on obtiendra.

Aussi, la profondeur des personnages (lorsque cela s’applique) est livrée dans un barrage de dialogues explicatifs qui racontent beaucoup, mais qui montrent peu. Rares exceptions : on a beaucoup aimé les prestations de Dodger et de Lawan (jouées par Rosario Dawson). Aiden n’est pas mal non plus.

C’est donc par son gameplay que DL2 se doit de briller, et c’est réussi. Techland a doublé la mise sur son exploit d’avoir créé un amusant jeu de plateforme à la première personne. Aiden est un maître du parkour plus agile et mieux équipé que Kyle Crane, le protagoniste du premier opus. Des outils tels qu’un grappin et un parapente facilitent nos déplacements. À cela s’ajoutent deux arbres de compétences (un pour le parkour, l’autre pour le combat) qui offrent des avantages qu’on a toujours hâte de déverrouiller.

Quant aux mécaniques de combat, elles excellent face aux hordes d’infectés. Gérer une foule composée de monstres lents ou rapides, puissants ou agiles, génère l’adrénaline à laquelle on est en droit de s’attendre de ce genre de jeu. Comme dans le premier jeu, les zombies sont amorphes lorsqu’exposés au soleil, mais ils deviennent agressifs et hostiles la nuit, ce qui donne au cycle jour et nuit un effet tangible.

Les combats contre les humains, principalement la faction des Renégats, n’en sont pas moins palpitants. Tout un éventail de mouvements spectaculaires (et souvent hilarants) est mis à notre disposition. On pourrait passer des heures à décapiter nos adversaires ou à les catapulter hors des toits de Villedor à coups de sauts chassés.
 

Dying Light 2

★★★ 1/2

Développé et publié par Techland. Offert sur PlayStation 4 & 5, Xbox One, Xbox Series S & X, Nintendo Switch et PC.

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