«Tom Clancy’s Rainbow Six: Extraction» se prend trop au sérieux

Dans ce nouveau jeu de tir à la première personne, les soldats antiterroristes du jeu compétitif sont appelés à former une nouvelle unité, REACT, vouée au confinement et à l’étude d’extraterrestres apparus d’un bout à l’autre des États-Unis.
Ubisoft Montréal Dans ce nouveau jeu de tir à la première personne, les soldats antiterroristes du jeu compétitif sont appelés à former une nouvelle unité, REACT, vouée au confinement et à l’étude d’extraterrestres apparus d’un bout à l’autre des États-Unis.

Doux après-midi d’été, Liberty Island, New York. Les touristes se la coulent douce au pied de la Liberté éclairant le monde. Un grand-père soupèse le pour et le contre : acheter ou non une de ces boules à neige souvenir ? Soudain, tout bascule : d’énormes formes noires étranges s’échappent violemment du sol. Rapido presto, la statue de la Liberté est décapitée. Alors que l’énorme tête s’affaisse, on nous laisse l’imaginer écraser le pauvre vieillard à ses pieds.

« Franchement ! » se surprend-on à dire à voix haute lorsqu’on lance pour la première fois Tom Clancy’s Rainbow Six : Extraction, nouvelle expérience collaborative militaro-futuriste signée Ubisoft Montréal. Il n’y a donc plus aucune limite ?

On s’est souvent demandé jusqu’où le studio était prêt à aller avec sa franchise Tom Clancy. D’un jeu vidéo lent et tactique et de romans d’anticipation militaires comme seul l’auteur américain en a le secret, Rainbow Six s’est radicalement éloigné de son matériel original. Avec Extraction, Ubisoft danse sur la tombe de Clancy. Le résultat n’est pas nécessairement mauvais. Mais peut-être gagnerait-il à s’assumer en se prenant un peu moins au sérieux.

Dans ce nouveau jeu de tir à la première personne, les soldats antiterroristes du jeu compétitif Tom Clancy’s Rainbow Six : Siege sont appelés à former une nouvelle unité, REACT, vouée au confinement et à l’étude d’extraterrestres apparus d’un bout à l’autre des États-Unis.

Seul ou avec deux coéquipiers, on « s’infiltre » dans les zones où ces extraterrestres humanoïdes sont confinés. Chaque zone est divisée en trois sous-sections, chacune avec son objectif principal, tel saboter un nid, capturer un extraterrestre, ou, tout simplement, en tuer un de sang-froid. À tout moment, il est possible de prendre la poudre d’escampette, de « s’extraire », d’où le nom d’Extraction.

En passant d’une sous-section à l’autre, le niveau de difficulté augmente, mais les récompenses, elles, deviennent également plus alléchantes. Car sous la carapace de ce jeu de tir se cache un RPG : chaque sortie fructueuse rapporte de l’expérience qui permet d’améliorer son personnage. Pousser sa chance trop loin peut par contre coûter cher : il faudra monter une nouvelle expédition pour sauver notre « opérateur » laissé derrière et récupérer nos points qui y sont associés.

Un problème de ton

La comparaison avec d’autres expériences collaboratives comme Back 4 Blood ou même Tom Clancy’s : The Division serait trop facile. Il résulte plutôt du choix entre poursuivre ou mettre fin à sa mission une tension similaire à celle qu’on retrouve dans Hunt : Showdown, Escape from Tarkov ou GTFO.

 
Tension qui n’arrive malheureusement jamais à son paroxysme. L’absence de joueurs adverses en chair et en os y est pour beaucoup ; Extraction ne peut compter que sur des ennemis plus nombreux ou plus coriaces pour moduler sa difficulté. L’intelligence artificielle a ses limites.
 

Mais c’est surtout le ton solennel qu’adopte Extraction qu’on n’a jamais été capable de prendre avec autant de sérieux qu’il ne le fait lui-même. L’idée derrière l’unité REACT, confiner des extraterrestres pour les étudier et apprendre à fabriquer de nouveaux bidules explosifs, est invraisemblable. Un commentaire sur la façon dont une mission couronnée de succès aidera à « obtenir du financement du privé » nous laisse pantois. Et notre coéquipier qui arbore une tête de chat, encore plus.

(Oui, on peut déjà s’y procurer des « cosmétiques », similaires à ceux de Siege, tous plus loufoques les uns que les autres. Ceux-ci détonnent par contre beaucoup plus dans Extraction.)

Extraction donne avant tout l’occasion aux amateurs de Rainbow Six l’occasion de renouer avec leurspersonnages préférés. On a apprécié les interactions entre Ash, Thermite et Mira, qui occupent des rôles de premier plan. Sur le terrain, les gadgets d’Ela, de Finka ou encore de Sledge, d’abord pensés dans le paradigme de Siege, fonctionnent à merveille dans le contexte évolutif d’Extraction.

Et le jeu brille dans ses phases d’infiltration. On est d’avis qu’il faut juger un jeu du genre à l’aune du moment où l’on est détecté par l’ennemi, de cet instant entre le calme plein de tension et le chaos total ; et on ne peut en dire ici que du bien.

Déjà compris dans le service d’abonnement Game Pass de Microsoft et comportant à l’achat un « laissez-passer » de 14 jours pour deux autres joueurs, on trouvera bien dans Extraction de quoi occuper nos soirées confinées quelque temps.

Ce sera par contre difficile de ne pas penser aux autres options à notre disposition.

Tom Clancy’s Rainbow Six : Extraction

★★★

Conçu et édité par Ubisoft Montréal. Offert pour Xbox, PlayStation, PC et Stadia.

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