«J’ai jamais...»: un coeur en hiver

Une pièce intimiste aux accents fantastiques sur les questionnements de l’adolescence et le pardon.
Photo: Robert Desroches Une pièce intimiste aux accents fantastiques sur les questionnements de l’adolescence et le pardon.

Le théâtre jeunesse est pour ainsi dire absent de nos petits écrans. Même pendant ces deux années de « pause » des arts vivants. Ou presque, puisque Télé-Québec diffuse en ligne dès cette semaine la captation de J’ai jamais…, pièce solo qui devait être présentée en février dernier à la Maison Théâtre.

Cette adaptation en français de The Kissing Game​, texte de Rhiannon Collett, lauréate d’un Montreal English Theatre Award en 2019, tournée sous un pont enjambant la piste cyclable du canal de Lachine, à l’ombre de l’enseigne Farine Five Roses, est portée par la performance puissante et nuancée d’Éléonore Loiselle (La déesse des mouches à feu, au cinéma et au théâtre). Elle y incarne Sam, une ado de 16 ans qui noue une amitié intense avec Kate, laquelle l’entraînera vite dans son sillage pour venger sa grande sœur victime d’une agression. Cette vengeance violente, racontée de façon un peu onirique (un cœur disparaîtra alors qu’il neige, en plein été…), des bouleversements familiaux importants et une trahison terrible provoqueront l’isolement de l’héroïne et la fin de cette amitié précieuse, mais furtive.

En résulte un solo théâtral percutant, qui aborde avec poésie des sujets délicats comme l’identité sexuelle, la culpabilité et le pardon. Sa charge dramatique et son ton intimiste sont mis en valeur par la mise en scène et la réalisation simple et efficace de Véa. Cette pièce, qui s’adresse aux grands ados de la fin du secondaire, se démarque surtout par l’interprétation convaincante de sa soliste, qu’on savait déjà très douée, et qu’il faudra continuer à suivre de très près.

 

J’ai jamais...

Telequebec.tv, dès le 25 janvier

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