​Sur vos écrans: bien-être (mental et physique)

Une scène du documentaire «Pour garder toute sa tête»
Photo: Radio-Canada Une scène du documentaire «Pour garder toute sa tête»

Coup et contrecoups

 

Les commotions cérébrales sont devenues depuis quelques années une question de santé publique important, plus particulièrement dans les milieux sportifs, professionnels comme amateurs. De petites « secousses », elles sont devenues des événements qui peuvent avoir des conséquences très graves, considérés avec sérieux par les entraîneurs et les athlètes. Du moins, beaucoup plus qu’avant.

Nancy Florence Savard, productrice de longs métrages d’animation québécois remarqués (Le coq de St-Victor,Mission Yéti) et réalisatrice, a trois grands enfants sportifs qui ont subi une ou des commotions cérébrales pendant la pratique de leur discipline sportive. Elle est derrière et devant la caméra dans ce documentaire très personnel, le plus souvent livré à la première personne. Elle s’intéresse de près aux conséquences de commotions cérébrales sur ceux et celles qui les subissent, à l’évolution des traitements pour soigner et minimiser les effets de ce type de traumatisme crânien et à la recherche dans ce domaine.

À travers les témoignages parfois fort émus de ses enfants, d’autres jeunes athlètes victimes de plusieurs traumatismes crâniens du genre et de témoignages éclairants des chercheurs de l’Université Laval, le téléspectateur peut dresser un portrait global des dangers probables à court, moyen et long termes des commotions. Il en mesure aussi les conséquences parfois néfastes, surtout sur la santé mentale des jeunes athlètes, tout en se familiarisant avec les moyens mis en place pour favoriser leur guérison.

Le documentaire, qui abuse un peu des animations 3D percutantes pour illustrer son propos, au demeurant fort pertinent et clair, a l’avantage de mettre en lumière les nouvelles façons de faire pour favoriser le rétablissement des jeunes victimes, sans pour autant tomber dans un optimisme naïf. En conclusion, on y aborde très rapidement le fait que les jeunes athlètes de pointe ont fort probablement un meilleur accès aux pratiques innovantes dans ce domaine de la médecine que le commun des mortels qui peut être victime d’une commotion cérébrale dans n’importe quel contexte de la vie quotidienne. Il y a sans doute là un beau sujet pour un autre documentaire…


Pour garder toute sa tête
ICI Télé, samedi, 22 h 30 et Tou.tv

 

Pour s’aimer un peu plus…

 

Autrefois réservée à une certaine élite très privilégiée, la chirurgie esthétique s’est démocratisée, même si ellecoûte parfois un bras (et une jambe) à celles et ceux qui veulent y avoir recours. L’attrait grandissant pour ce genre d’intervention pour améliorer son apparence ou ralentir l’effet du vieillissement sur son corps rend cette nouvelle série documentaire de Canal Vie tout à fait pertinente, même si elle est loin de faire le tour du sujet.

Dans Injections et bistouris, une demi-douzaine de médecins spécialisés en chirurgie esthétique ouvrent les portes de leur cabinet aux caméras de Mathieu Arsenault (Tenir tête) et Mathieu Vachon (Être famille d’accueil), et à quelques-uns de leurs patients (surtout des patientes), qui se confient sur les raisons qui les incitent à avoir recours aux opérations et aux injections pour changer leur apparence. Sans grande surprise, ils évoquent leur volonté de se sentir mieux dans leur peau, d’effacer les signes du vieillissement, de répondre aux standards de beauté qu’ils souhaitent atteindre ou que la société (et souvent les réseaux sociaux) promeut.

Les artisans de cette série, qui pourrait tomber facilement dans le sensationnalisme, ont réussi à livrer un projet documentaire sensible et nuancé, qui ne porte pas de jugement sur ses sujets ni sur les spécialistes qui les traitent, mais qui met quand même discrètement le doigt sur les insécurités inhérentes à notre époque, avec ses exigences de performance et d’éternelle jeunesse.


Injections et bistouris
Canal Vie, lundi, 19 h 30

 

Pour quelques « likes » de plus

 

Grand mal du XXIe siècle pour plusieurs, comme l’attestent de plus en plus de recherches, les réseaux sociaux charrient leur lot de haine (surtout en ces temps troubles), mais aussi beaucoup « d’amour » ou plutôt d’appréciation virtuelle, sur des images et des vidéos qui ne reflètent bien souvent en rien la réalité. Ça, tout le monde le sait. Tout le monde sait aussi que ces mêmes plateformes de communication peuvent créer une forte dépendance chez leurs usagers et avoir de très graves répercussions sur leur santé mentale.

Le documentaire français Happy. La dictature du bonheur sur les réseaux sociaux dresse l’inventaire de tous ces maux générés par les Instagram, Facebook et autres TikTok de ce monde à travers les interventions de spécialistes, mais aussi et surtout grâce aux témoignages d’usagers de différentes générations et de différents horizons, à qui on donne le temps d’expliquer comment cette dépendance influe sur leur vie quotidienne et sur leur façon de se percevoir et d’envisager l’avenir. Ou l’absence de.

Ce sont ces segments, qui n’ont rien d’exceptionnellement nouveau, qui forcent le téléspectateur à réfléchir à ses propres comportements face aux réseaux sociaux. Et, par extension, à sa dépendance, insidieuse, qui donne le goût de se débrancher. Mais juste après être allé vérifier les dernières stories, ou si le dernier statut a reçu quelques « likes »…


Happy. La dictature du bonheur sur les réseaux sociaux
Télé-Québec, mercredi, 20 h, rediffusion dimanche 23 janvier, 20 h

À ne pas manquer

Tendres retrouvailles
 

Les marionnettes de Jim Henson qui ont fait le bonheur des petits des années 1980 et 1990 sur les ondes de plusieurs télévisions publiques (dont Radio-Canada), les colorés Fraggle, ont repris du service discrètement sur AppleTV+ (qui a acquis les droits des épisodes de jadis) en 2020, dans quelques épisodes spéciaux dans lesquels ils étaient accompagnés de vedettes de la musique populaire. Cette fois, on retrouve Gobo, Red, les infatigables Doozers, les terrifiants Gorgs et l’oncle Matt, toujours explorateur du monde des humains, comme si on les avait quittés hier, dans les mêmes décors, mais avec des musiques un peu plus modernes… Les parents (nostalgiques) et les tout-petits y trouveront certainement leur bonheur.
 

Fraggle Rock. Retour au Rock

AppleTV+, dès le 21 janvier



À voir en vidéo