«Somebody Somewhere»: le malheur tranquille

Une belle comédie dramatique toute simple sur une femme qui se sent étrangère chez elle.
Photo: HBO Une belle comédie dramatique toute simple sur une femme qui se sent étrangère chez elle.

La quarantenaire malheureuse, à la recherche d’un sens à sa vie, est un personnage récurrent sur nos écrans. Cette quête est souvent le prétexte pour une cascade d’aventures rocambolesques et de bouleversements majeurs. Dans Somebody Somewhere, une comédie dramatique produite par les frères Duplass (Jay réalise certains des épisodes), ce cheminement se fait doucement, sans éclats, mais n’en est pas moins satisfaisant pour le téléspectateur, qui a de grandes chances de s’identifier à l’héroïne.

C’est que Sam — incarnée par la chanteuse et comédienne Bridget Everett (Inside Amy Schumer), en grande partie autobiographique —, revenue au Kansas auprès de sa famille pour s’occuper de sa sœur malade et depuis décédée, ne se sent pas chez elle dans ce coin de pays qu’elle avait quitté depuis trop longtemps. Empêtrée dans un deuil inachevé, des conflits familiaux latents et un emploi ennuyeux, elle ne voit pas comment sa vie pourrait être moins triste. La rencontre d’un ancien collègue de classe et d’une communauté de « marginaux » (pour une petite ville conservatrice du Midwest américain, du moins) fera souffler un vent d’optimisme prudent dans la vie de Sam, qui renouera sans trop y croire avec sa vraie nature, et trouvera peut-être la paix qui lui manquait.

Cette comédie dramatique en demi-teintes met en valeur le vaste registre de jeu de ses interprètes principaux (Everett, mais aussi Jeff Hiller, très émouvant). Elle s’égare un peu dans ses intrigues secondaires, mais sa trame principale, magnifique de douceur et de réalisme, mérite amplement qu’on s’y attarde.

 

Somebody Somewhere

HBO et Crave, dimanche, 22 h 30 et en version française à Super Écran, vendredi, 20 h

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