Sur vos écrans: rebrasser les recettes

Rachid Badouri anime la nouvelle émission «Les imposteurs», mélange de jeu, de talk-show et d’improvisation, sur Noovo.
Photo: Eric Myre Rachid Badouri anime la nouvelle émission «Les imposteurs», mélange de jeu, de talk-show et d’improvisation, sur Noovo.

En cette deuxième semaine de rentrée télévisuelle hivernale, certaines nouveautés qui ont attiré notre curiosité ont des airs de déjà-vu. Parfois pour le mieux.

Détecter les mensonges

 

Après un « humble » retour sur scène quelques semaines avant le début de la pandémie, l’humoriste Rachid Badouri effectue cette fois un retour à l’animation d’une émission de variétés, Les imposteurs, plus de dix ans après la plutôt oubliable Peut contenir des Rachid. Il est à la fois maître de cérémonie et participant à cet amalgame de jeu télévisé et de talk-show, présenté sur Noovo, qui fait appel aux capacités d’improvisation des invités et de l’animateur. Badouri reçoit sur un grand plateau avec public trois vedettes dont il ignore l’identité avant qu’elles se présentent sur scène. Chacune de ces personnalités publiques doit raconter dans le détail quelques anecdotes personnelles, véridiques ou non.

En fait, l’animateur et les deux autres participants doivent tenter de cerner quelles sont les histoires inventées de toutes pièces et celles qui se sont bel et bien produites. Le public en studio désigne le gagnant en votant pour le meilleur « imposteur » (ou le plus divertissant) du lot. L’invité lauréat remporte ainsi 2000 dollars qui seront remis à la fondation caritative de son choix. Un dernier « duel » met aux prises le gagnant qui doit juger de la véracité ou non d’une histoire racontée cette fois par l’animateur, qui devra sans doute se creuser un peu les méninges au fil de la saison pour dénicher des anecdotes « vraies » encore inconnues du public.

À quelques exceptions près, on est devant une nouvelle version du jeu télé culte Les détecteurs de mensonges, dans une formule aux règlements un peu plus souples et à l’ambiance plus survoltée. Ces récits, dont il faut distinguer le vrai du faux, donnent lieu à des échanges qui se rapprochent du ton attendu d’un talk-show et mettent en valeur les talents de jeu « dramatique » des invités, ou leur incapacité à mentir, ce qui nourrit l’ambiance plutôt sympathique de l’ensemble.

L’épisode mis à la disposition de la presse, auquel participaient les humoristes Arnaud Soly et P-A Méthot et la chanteuse et actrice Mélissa Bédard, s’avère très divertissant et amusant, malgré de petits flottements et la nervosité manifeste de Rachid Badouri, surtout lorsqu’il a dû livrer son anecdote... Encore faut-il ne pas avoir eu son quota des émissions « de vedettes », comme il y en a beaucoup (certains diraient trop) sur nos chaînes. Pour l’originalité, on repassera, mais ici, l’efficacité l’emporte quand même.

 
Les imposteurs
Noovo, lundi, 20 h

 

Culture revisitée

 

Lors de la rentrée automnale, Le Devoir avait souligné le « retour » de l’actualité culturelle au petit écran, parent pauvre de notre télé pourtant si foisonnante, avec l’apparition de deux magazines consacrés aux arts et spectacles d’ici à RDI (Arrêt culturel) et à Artv (Retour vers la culture). Cette dernière production menée par Benoit McGinnis et Sophie Fouron laisse la place cet hiver à une nouvelle émission du même acabit, cette fois animée par Chantal Lamarre.

Au moment où ces lignes étaient écrites, aucun épisode ou extrait de Culturama n’était disponible pour les médias, mais le synopsis de la production laisse deviner qu’elle ne servira pas de simple vitrine publicitaire pour les artistes qui viennent de lancer une nouvelle création. Artv nous annonce plutôt un « centre d’observation de la culture », toutes disciplines confondues. Chaque semaine, l’animatrice à l’humour aiguisé recevra trois collaborateurs, issus d’horizons culturels différents (dont la chorégraphe Mélanie Demers, l’auteur Guillaume Corbeil, l’humoriste Thomas Leblanc et les actrices Catherine Trudeau et Émilie Bibeau) pour discuter d’œuvres déjà connues, ou trop longtemps restées dans l’oubli, des classiques et des modernes, pour mettre en lumière leurs facettes moins explorées.

On nous promet une interaction avec les téléspectateurs, qui seront sollicités pour mettre leur grain de sel dans cette réflexion collective. Voilà de quoi occuper les passionnés des arts au repos « forcé » de sorties culturelles, du moins pour les jours à venir.


Culturama
Artv, dès le vendredi 14 janvier, 20 h

 

Survivre à ses enfants

 

À quelques jours de la « grande » (quoiqu’assez modeste cet hiver) rentrée des réseaux américains, la chaîne canadienne CTV, qui relaie beaucoup de séries de fiction des voisins du Sud, lance une nouvelle comédie concoctée au nord de la frontière, sur un thème fédérateur : les aléas de la parentalité.

Le producteur et scénariste Kurt Smeaton (Schitt’s Creek, Kim’s Convenience) s’est probablement un peu inspiré de son expérience de père de trois enfants pour créer cette chronique, un peu convenue mais tout de même fort sympathique, d’un couple de citadins d’une grande ville qui regrettent parfois d’avoir fondé une famille et d’avoir à s’occuper de leurs deux marmots, charmants mais tannants.

L’intrigue de cette série en huit épisodes tourne autour de cette vaste question qui ronge de nombreux parents : aurions-nous été plus heureux et accomplis sans ces petits êtres envahissants mais si charmants ? Et si oui, peut-on le devenir malgré la progéniture ? Les personnages centraux, James (Aaron Abrams) et Astrid (Meaghan Rath) tentent tant bien que mal de s’affranchir de leur situation de parents débordés et des rôles traditionnels dans lesquels la société, leur entourage et les aléas du quotidien les cantonnent, mais la tentation est souvent forte pour plier… Et profiter.

Children Ruin Everything, malgré ses situations comiques convenues et grâce à ses répliques savoureuses, avance sur ce mince fil comique avec une certaine grâce, qui donne le goût de l’adopter, ne serait-ce que pour se comparer un peu.


Children Ruin Everything
CTV, mercredi, 20 h

À ne pas manquer

Dénoncer le coquin

En 2019, l’adaptation filmique d’un ouvrage de la journaliste politique japonaise Isoko Mochizuki, simplement intitulée La journaliste, remportait les prix les plus prestigieux de l’Académie japonaise du cinéma. Netflix propose cette semaine une version sérielle de ce film, réalisée par la même équipe, mais avec une nouvelle héroïne (incarnée par Ryoko Yonekura), qui travaille pour le même grand quotidien tokyoïte dont la mission est de mettre au jour les irrégularités et la corruption qui gangrènent la classe politique du pays.

La journaliste
Netflix, dès le 13 janvier


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