Série «Les bracelets rouges»: la résilience et la lumière des jeunes malades

Dans «Les bracelets rouges», une jeune distribution talentueuse, dont fait partie Noah Parker (à gauche), est appuyée par des comédiens de haut calibre comme Julie Beauchemin et Sébastien Delorme.
Photo: TVA Dans «Les bracelets rouges», une jeune distribution talentueuse, dont fait partie Noah Parker (à gauche), est appuyée par des comédiens de haut calibre comme Julie Beauchemin et Sébastien Delorme.

Des enfants et des adolescents gravement malades se lient d’amitiés improbables sur l’étage pédiatrique de l’hôpital dans lequel ils sont soignés. En tout temps, la proposition pourrait faire peur. En cette période de morosité extrême et de colère, Les bracelets rouges semble l’exemple même de la fiction qui tombe au mauvais moment. Vade retro, série de mauvais augure !

Eh bien non. Si l’émotion est omniprésente dans les deux premiers épisodes présentés à la presse, elle se décline dans le drame, bien sûr, thème oblige ; mais aussi dans ces sentiments et états que l’on se souhaite à répétition depuis le début de cette nouvelle année.

Ainsi, il y a de la résilience, de l’amour, de l’amitié, de la lumière, du courage, de la complicité, dans la série réalisée par Yan England (Les pays d’en haut, L’échappée), adaptation par Michel Brouillette et Stéphanie Perreault (Les bogues de la vie) de la série catalane Polseres vermelles où l’auteur, Albert Espinosa Puig, revenait sur ses jeunes années. De 14 à 24 ans, il a vécu dans un hôpital à cause des trois cancers qui l’ont frappé. Il a traversé l’épreuve en s’unissant avec d’autres patients de son âge pour former un groupe, « les bracelets rouges » — de la couleur des anneaux de caoutchouc glissés au poignet des jeunes patients avant qu’ils ne subissent une intervention.

La série a été diffusée dans plusieurs pays et a connu un succès tel qu’elle a fait l’objet d’adaptations notamment en Allemagne, en Italie, au Pérou, en Égypte, aux États-Unis. Encore Télévision en a obtenu les droits et, en collaboration avec Québecor Contenu, en a développé dix épisodes d’une heure dont la diffusion vient de commencer à TVA.

L’émission originale datant d’une dizaine d’années, le tandem Brouillette-Perreault s’est donné pour mission de la rendre contemporaine et, naturellement, de l’adapter à la réalité québécoise. « Nous avons réécrit les textes en entier. Un travail costaud », résumait Stéphanie Perreault, lundi, en conférence de presse virtuelle. « Il fallait que ça reflète les valeurs québécoises, la réalité de notre système de santé… et notre humour », ajoute Michel Brouillette.

Si le côté lumineux était déjà présent dans Polseres vermelles, les familles des jeunes malades ont elles aussi été amenées à l’avant de la scène dans Les bracelets rouges : quand un enfant est atteint, c’est le groupe familial au complet qui est atteint. Les auteurs se sont par ailleurs fait un devoir de présenter plusieurs modèles familiaux ; de nuancer les personnages en travaillant leurs qualités, leurs défauts, leurs mécanismes de défense ; et d’intégrer des filles aux « bracelets rouges » — il n’y en avait qu’une dans la série originale.

Creuser, étudier, jouer

 

Soutenu par des dialogues extrêmement authentiques dans lesquels les jeunes se reconnaîtront et où les parents reconnaîtront leurs enfants (car la série s’adresse aux uns comme aux autres), Les bracelets rouges se déroule principalement sur l’étage pédiatrique d’un hôpital fictif des Laurentides.

On y rencontre Justin (Noah Parker), hockeyeur prometteur atteint d’un cancer des os ; Félix (Anthony Therrien), qui souffre d’un mal semblable et a déjà subi six opérations ; Flavie (Audrey Roger), qui vit avec un trouble alimentaire ; Kevin (Étienne Galloy), qui a subi des fractures multiples dans un accident de VTT ; Kim (Léanne Désilets), en observation à l’hôpital où elle a été admise après s’être évanouie peut-être à cause d’un problème cardiaque ; Lou (Milya Corbeil-Gauvreau), dont les médecins étudient les troubles de comportement ; Albert (Malick Babin), dans le coma depuis quatre mois et qui sert de narrateur à la série.

Ils viennent de milieux différents et ont des personnalités distinctes les unes des autres, mais même les plus abrasifs (pensons à Kim qui émet des commentaires épouvantables de la plus douce des voix), on le sent, possèdent un secret, donc une faille, qui leur ajoute de la texture. Ils ont tous un quelque chose qui leur attache vite les spectateurs.

Il faut dire que cette jeune distribution, superbement dirigée par Yan England, « a un talent sans fond, fait valoir le réalisateur. Non seulement ils sont talentueux comme acteurs et actrices, mais ils sont hyper travaillants ». Et de mentionner combien chacun a fait ses recherches (dans le bon sens de l’expression) en lisant au sujet de « sa » maladie, et même en rencontrant de gens qui en sont atteints ; et combien, une fois sur le plateau, ils étaient prêts à tout, avec le sourire, pendant 55 jours « très intenses ».

Autour d’eux, des comédiens et comédiennes de haut calibre incarnent les membres du personnel hospitalier (David Savard, Éric Bernier, Martin Laroche, etc.) et les parents (Isabelle Blais, Frédérick De Grandpré, Julie Beauchemin, Marcel Leboeuf, Sébastien Delorme, etc.). Suivre ces derniers dans la souffrance, l’incompréhension, le déni, la maladresse, la colère, le deuil, la résilience, jette un autre éclairage sur la maladie quand elle est vécue par ceux qui nous sont le plus chers. Plusieurs de ces adultes mériteraient un bracelet rouge courage.

Les bracelets rouges

Sur TVA, les mardis, à 20 h, dès le 4 janvier

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