Sur vos écrans: télé-fêtes (première partie)

Un sketch sur la COVID-19 tiré du Grand ménage des Fêtes
Photo: UNIS Un sketch sur la COVID-19 tiré du Grand ménage des Fêtes

La période des Fêtes ramène sur nos écrans son lot de films vus et revus et d’émissions spéciales musicales, d’éditions toutes neuves (ou presque) de concepts qui ont fait leurs preuves, à l’écran ou en salle. Le réconfortant est de saison, et en ce deuxième Noël pandémique, finalement plus confiné qu’on ne l’aurait espéré, il est plus que bienvenu. Ces quatre productions devraient remplir cette promesse.

Chanter Noël, encore ou pour la première fois

 

Après une première édition autour d’Isabelle Boulay l’année dernière, TV5 reprend sa formule de spectacle de Noël intimiste, bien au chaud dans un chalet, en compagnie de quelques invités, cette fois avec Pierre Lapointe. Le chanteur, qui voit ici une belle occasion d’étrenner à la télévision ses Chansons hivernales parues en novembre 2020, se prête avec un plaisir évident au rôle d’hôte de ce rendez-vous doux musical avec Ariane Moffatt, Antoine Gratton et Natasha Kanapé Fontaine, qui se confient sur leurs Noëls d’antan et d’aujourd’hui et interprètent leur classique des Fêtes. Un heureux mélange de mélodies familières (dont une chantée en innu) et de compositions encore un peu neuves, dont certaines pourraient bien se trouver une place dans le répertoire des classiques des fêtes québécois.

De son côté, TVA relaie l’édition « confinée » de l’an dernier du spectacle des fêtes produit par Martin Leclerc, habituellement présenté en salle partout au Québec, et qui réunit une ribambelle, chaque fois renouvelée, d’artistes, dont certains que l’on associe naturellement aux classiques festifs. La cuvée 2020, présentée uniquement de façon virtuelle, réunissait entre autres Marie-Michèle Desrosiers, Marie-Denise Pelletier, Yves Lambert et Michel Louvain, dont il s’agissait d’une des dernières performances.


Ensemble pour les Fêtes avec Pierre Lapointe
TV5, samedi, 20 h
Noël, une tradition en chanson
TVA, mercredi, 21 h

 

L’autre Bye Bye, ou presque

 

En décembre dernier, Le Devoir avait ainsi titré la critique de la première édition de cette émission spéciale composée de sketchs se moquant des événements de l’année et de prestations musicales, conçue et interprétée par des artistes de toute la francophonie canadienne : « Ceci n’est pas un Bye Bye ». Cette fois, on ose qualifier cette nouvelle édition du Grand ménage des Fêtes, toujours animée par les sympathiques Newbies, ce faux groupe de vrais comiques d’Acadie qui a sévi en fiction à la même antenne, d’« autre Bye Bye ». Autre, parce que moins « québécocentriste » que l’original, et avec des moyens plus modestes, mais passablement efficace.

Au menu des taquineries de cette cuvée 2021, outre l’incontournable sujet en C et ses conséquences nombreuses : les « évitables » élections fédérales, la plus présente notion de consentement et quelques livres brûlés… Les performances musicales de 2Frères, du trio Symfolies de Noël (Laurence Jalbert, Annie Blanchard et Maxime Landry) et de la chanteuse Tammy Rae Lamouche, qui s’est fait remarquer l’an dernier avec sa version crie de All I Want for Christmas, tournée au théâtre Capitole de Moncton, complètent ce rendez-vous qui a le potentiel de devenir une nouvelle tradition comique de fin d’année.


Le grand ménage des Fêtes
Unis, dimanche, 19 h et lundi, 21 h

 

Un autre « NoShow » rassembleur

 

Pour son 30e anniversaire l’an dernier, les artisans du spectacle-bénéfice au profit du Refuge des jeunes de Montréal ont dû rebrasser la recette habituelle devant public à la Place des Arts pour offrir une édition enligne, un « NoShow » qui n’a presque rien à envier aux éditions précédentes, et pour laquelle les spectateurs ont heureusement été au rendez-vous. Dan Bigras a repris le flambeau en novembre dernier pour une formule semblable, en compagnie de ses complices Lulu Hughes, Breen LeBoeuf, Marjo, Jacques Michel et consorts, remplie de performances pour la plupart emportées, inspirées et parfois même surprenantes, dont un duo particulièrement réussi de la soprano Lyne Fortin et du rappeur Dramatik.


Le show du Refuge
Radio-Canada, dimanche, 20 h

Le visionnement de la semaine

Après la parodie du mélodrame adolescent (Complètement lycée), le réalisateur Alec Pronovost exploite les codes du film de suspense « nordic noir » haletant dans cette nouvelle websérie comique de Yannick de Martino (Top Dogs : Homicides) ayant pour sujet la quête angoissée d’un jeune homme (Guillaume Laurin) pour éviter le gaspillage alimentaire, juste avant de partir pour un voyage de dernière minute en Nouvelle-Zélande. Rémy-Yves a deux heures pour trouver preneur de sa barquette de boeuf haché (ou de tempeh, si l’on regarde la série en version « végé ») afin qu’elle ne soit pas condamnée à finir aux poubelles. Sa quête rocambolesque et un brin absurde donne lieu à des caméos savoureux (comme Pierre Brassard en boucher). En parallèle avec cette intrigue anxieuse, Yannick de Martino se met en scène dans une mise en abyme de scénariste lui-même pris dans un suspense qui s’avèreplus enlevant que l’histoire qu’il nous raconte. Au bout des dix épisodes, on ne sait pas trop que penser de ce projet étrange, tout sauf sérieux et fort divertissant. Une chose est sûre : on ne voit plus les aliments qui meurent doucement dans notre frigo de la même façon…


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Héroïne puérile dans un Paris de pacotille

Après le retour de ses héroïnes new-yorkaises de Sex and the City dans la suite à l’accueil mitigé And Just Like That…, le créateur et producteur télé Darren Star propose de nouvelles aventures à son personnage « pétillant » (et, avouons-le, franchement navrant) d’Américaine exilée à Paris pour le travail incarnée par Lily Collins. La série, pourtant assez sévèrement critiquée pour son manque de substance, d’originalité et pour la tonne de clichés qu’elle véhiculait sur la France et ses habitants, semble avoir été assez populaire pour valoir une suite, dont les courts extraits que nous avons pu voir laissent croire que les adeptes ne seront pas dépaysés. Du tout léger pour ceux qui ne veulent pas trop penser…

Emily in Paris (saison 2)
Netflix, dès le 22 décembre


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