«Solar Ash»: une cassure brillante, mais pas sans sacrifices

Le studio derrière «Hyper Light Drifter» passe de la 2D à la 3D, pour le meilleur et pour le pire.
Photo: Annapurna Interactive Le studio derrière «Hyper Light Drifter» passe de la 2D à la 3D, pour le meilleur et pour le pire.

Avec le jeu d’action Solar Ash, le studio indépendant Heart Machine, à qui l’on doit le somptueux Hyper Light Drifter, passe de la 2D à la 3D. Et de petits de moyens à un grand budget. Une transition heureuse, mais pas sans sacrifices.

Dans un monde surréaliste, Rei est déterminée à stopper net l’avancée de l’« Ultravoid », une sorte de trou noir qui menace sa planète… et dont elle est prisonnière. Pour ce faire, elle doit réactiver le « Starseed », une machine étrange capable de renverser le pouvoir gravitationnel du trou noir. Mais des monstres géants se dressent entre elle et cette machine.

Dès les premiers instants, ce deuxième projet du studio de Los Angeles rompt avec les conventions qu’avait mises en place Heart Machine. Les personnages s’expriment maintenant de vive voix. Sacrilège ?

Hyper Light Drifter était un jeu en deux dimensions, avec perspective zénithale, inspiré largement des jeux en 16-bit de la franchise Zelda. Son système de combat était d’une réactivité jouissive ; ses visuels, éclairés au néon, saisissaient par les tripes ; et sa narration, obscure et, surtout, muette, était teintée de mystère.

Solar Ash conserve beaucoup, à première vue, de son prédécesseur. Comme son style visuel éclaté, maintenant traduit en perspective à la troisième personne. Et sa trame sonore menée par des synthétiseurs au son futuriste, toujours signée par Rich Vreeland.

Le combat au corps à corps n’est toutefois plus aussi engageant. Les ennemis sont en effet prévisibles et faciles à éliminer. On en est arrivé à se demander si, en passant de 9 à 32 développeurs, Heart Machine avait un peu perdu de son âme.

Sur quoi portait réellement Hyper Light Drifter ? Sur le mouvement. Et sur ce point, Solar Ash brille. Rei patine, saute et glisse à des vitesses vertigineuses dans des paysages qui défient la réalité, faisant de l’exploration du monde ouvert, qui nous prendra de 5 à 10 heures à réaliser, une expérience à la fois zen et enivrante.

Ce sentiment atteint son paro-xysme lorsqu’après avoir terminé les casse-tête d’une zone, on doit vaincre le monstre qui la garde. À la manière d’un Shadow of the Colossus, on grimpe sur ces géants hauts comme des gratte-ciel et l’on frappe, dans l’ordre, leurs nombreux points faibles. Solar Ash devient alors presque un jeu de rythme.

Un jeu de rythme exaltant, mais aussi mélancolique. C’est que le petit dernier de Heart Machine a en effet plus en commun avec le chef-d’œuvre de Team Ico qu’il n’y paraît.

À noter, Solar Ash est plus faciled’approche que son prédécesseur, ce qu’on doit en grande partie à l’accent mis sur l’exploration plutôt que sur le combat. On nous offre d’ailleurs plusieurs réglages de difficulté, et des points de navigation nous indiquent nos prochains objectifs, sans pour autant nous en donner les solutions.

Solar Ash est une cassure importante pour Heart Machine qui se solde somme toute en une expérience de grande qualité. L’ombre d’Hyper Light Drifter était par contre bien trop imposante pour s’en échapper. On demeure curieux pour la suite.

Solar Ash

★★★ 1/2

Conçu par Heart Machine et édité par Annapurna Interactive. Offert pour PC Windows (Epic Games Store) et Sony PlayStation 4 et 5.

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