«Qui veut brûler le Père Noël?»: avoir a le mythe dur

Zoom sur une figure tantôt adorée, tantôt conspuée, qui a traversé les âges malgré l’adversité.
Photo: Radio-Canada Zoom sur une figure tantôt adorée, tantôt conspuée, qui a traversé les âges malgré l’adversité.

France, décembre 1951. À Dijon, on brûle, sous les yeux de 150 enfants saisis, un mannequin à l’effigie du père Noël. Devant l’ONU, la même année, le bon bougre bedonnant est mis en accusation. Née au fond des âges, son histoire le montre tantôt adoré, tantôt conspué, changeant d’allure au gré des époques et de leurs frilosités. Axel Clevenot et Julien Boustani en retracent les jalons les plus parlants dans l’appliqué et amusant Qui veut brûler le père Noël ?

Le documentaire français s’ouvre sur une saynète croquignolesque, Jean-Christophe Quenon en faisant des tonnes à la narration pour enrober les errances d’un père Noël moderne à deux sous. Heureusement que sont rapidement appelés à la barre des observateurs éclairés. Ceux-ci convoquent à leur tour des figures comme le dieu Odin, Santa Claus ou le fameux saint Nicolas, dont les dons, notamment d’ubiquité, hérisseront tant les protestants. Alternant faits et anecdotes, l’ensemble parle autant à ceux qui craquent pour le barbu qu’à ceux qui l’ont en grippe.

Suppôt du consumérisme, promoteur impénitent de malbouffe, on ne se prive pas pour l’esquinter. Reste qu’au final, c’est le regard bienveillant de Françoise Dolto qui l’emporte, elle qui a été nommée première secrétaire du père Noël quand son frère, le ministre des PTT Jacques Marette, a créé le secrétariat chargé de répondre aux lettres des enfants. Aux esprits chagrins qui l’avaient accusée d’encourager le mensonge, la psychanalyste avait répondu que l’important était ailleurs, le père Noël étant d’abord un mythe empreint d’une poésie dont l’enfant se nourrit.

 

Qui veut brûler le père Noël?

ICI Télé, le samedi 18 décembre, 22 h 30 ; en ligne sur Tou.tv

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