Gabrielle Roy en rétrospective

Dans la série «Le monde de Gabrielle Roy», Léa-Kim Lafrance-Leroux (à gauche) incarne le rôle de Gabrielle Roy à neuf ans.
Radio-Canada Dans la série «Le monde de Gabrielle Roy», Léa-Kim Lafrance-Leroux (à gauche) incarne le rôle de Gabrielle Roy à neuf ans.

L’enfance de l’écrivaine franco-manitobaine Gabrielle Roy, à Saint-Boniface, au Manitoba, sera au cœur d’une nouvelle série télévisée, Le monde de Gabrielle Roy, produite par les productions manitobaines Rivard, Zone 3 et Radio-Canada. Les huit épisodes de la série seront mis en ligne sur ICI Tou.tv extra à partir du 16 décembre, et pourront être vus en rafale. C’est à la scénariste acadienne Renée Blanchar qu’a été confiée la délicate adaptation de la vie de l’écrivaine.

La série a été tournée entièrement au Manitoba, où Gabrielle Roy est née et a grandi, dans un milieu francophone minoritaire. « Je vis à deux blocs de la rue Deschambault », où la famille de Gabrielle Roy vivait, disait mercredi le producteur exécutif Louis Paquin, des Productions Rivard, lors d’une rencontre de presse virtuelle sur le sujet.

C’est la jeune Léa-Kim Lafrance-Leroux qui incarnera le rôle de Gabrielle Roy à neuf ans, alors que celui de l’écrivaine à 20 ans est tenu par Roxane Denis. Les comédiens Gaston Lepage et Martine Francke se glissent dans le rôle des parents de Gabrielle Roy, qui étaient tous deux d’origine québécoise. Plusieurs comédiens franco-manitobains font par ailleurs partie de la distribution : Micheline Marchildon, Éric Plamondon, Laura Lussier, Gabriel Gosselin, Alice Mollot, Frank Schorpion et Charles Clément. La saison porte essentiellement sur l’enfance de Gabrielle Roy.

Aborder l’œuvre d’une écrivaine aussi reconnue que Gabrielle Roy pour en faire une série télévisée comportait des risques. Des spécialistes de l’œuvre de Roy, dont François Ricard, ont d’ailleurs accompagné l’équipe de la production dans le processus, pour s’assurer que la série respecte l’esprit de l’écrivaine. La série utilise d’ailleurs une trame narrative qui emprunte certains extraits intégraux de livres de Gabrielle Roy, et d’autres qui ont été adaptés par Renée Blanchar.

L’âme canadienne-française

Par un curieux hasard, Renée Blanchar était en train de relire Ces enfants de ma vie, de Gabrielle Roy, lorsqu’on lui a offert de scénariser cette série. « De sorte que son univers, sa sensibilité, la complexité derrière une écriture qui peut sembler simple, tout ça, c’était comme frais pour moi. Et tout au long de l’entrevue, ma crainte, c’était qu’on perde l’âme canadienne-française, qu’on en fasse quelque chose de trop simple, que ça devienne anecdotique. Alors que pour moi, c’est tout le contraire », raconte Renée Blanchar.

La série, dont les premiers épisodes ont été dévoilés aux journalistes, campe d’ailleurs le décor de la vie de Gabrielle Roy dans ce Manitoba du début du siècle dernier, où les francophones sont à la fois fiers et minoritaires, où les femmes revendiquent le droit de vote, et met en scène « la force tranquille, pas toujours tranquille » des francophones hors Québec, notait la productrice de Zone 3, Frédérique Traversy.

Ma crainte, c’était qu’on perde l’âme canadienne-française, qu’on en fasse quelque chose de trop simple, que ça devienne anecdotique. Alors que pour moi, c’est tout le contraire.

 

La production, qui a réuni des francophones de Caraquet à Vancouver, se veut rassembleuse. Et la figure forte de Gabrielle Roy, dont la réputation n’est plus à faire, a le pouvoir de le permettre. « Qu’on soit acadien, franco-manitobain ou québécois, il y a entre nous une parenté », poursuit Renée Blanchar. Parlant de l’œuvre de Gabrielle Roy, « il y a encore beaucoup, beaucoup de thèmes qui résonnent en nous », ajoute-t-elle.

Dans un épisode de la série, on voit par exemple la petite Gabrielle et sa mère qui se rendent chez Eaton à Winnipeg. Sa mère Melina (Martine Francke) demande alors d’être servie par une francophone, parce qu’au-delà de la langue, celle-ci semble mieux comprendre la réalité de cette communauté tissée serrée. Léon (Gaston Lepage), le père de Gabrielle, est un fonctionnaire fédéral qui a été remercié, après avoir participé au peuplement du Manitoba en y accueillant des nouveaux arrivants d’Europe.

Tout en respectant l’esprit de l’époque, la série se veut « intemporelle et féministe », dit Frédérique Traversy. On y voit par exemple une scène où les hommes sans travail restent à la maison pendant que les femmes sont parties.

 

Le monde de Gabrielle Roy

ICI Tou.tv extra, à partir du 16 décembre. Après avoir été lancée sur Tou.tv, la série sera rediffusée sur ARTV, puis sur Ici Télé.

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