«Unpacking»: déballer sa vie

Le studio Witch Beam démontre qu’il est possible de raconter une histoire émouvante avec des mécaniques simples.
Photo: Witch Beam Humble Bundle Le studio Witch Beam démontre qu’il est possible de raconter une histoire émouvante avec des mécaniques simples.

Lorsqu’on a lancé Unpacking pour la première fois, vêtu de mou et café en main, on s’attendait à passer un moment zen à résoudre de petits puzzles. Le jeu du studio australien Witch Beam nous offre en fait tout ça, et plus encore.

Unpacking est, en résumé, une série de casse-tête où on aide une protagoniste anonyme à déballer ses effets personnels lors de déménagements étalés sur deux décennies. Le jeu commence sans explications, pédagogiques ou cinématiques. On ne voit même jamais la personne dont on déballe les plus précieuses possessions. C’est plutôt à travers la mécanique de base, qui consiste à pointer et à cliquer pour déplacer ces objets des boîtes de carton vers les emplacements appropriés dans la maison, qu’on apprendra à la connaître. On découvre ce que cette personne devient et les épreuves qu’elle traverse par les objets qui survivent au passage du temps, ceux qui s’ajoutent en cours de route et ceux qui disparaissent. On peut en apprendre beaucoup sur une personne par les choses qu’elle choisit de déménager et par les lieux dans lesquels elle pose ses pénates.

La progression est simple et ancrée dans les étapes d’un cheminement vers l’âge adulte. On commence par la petite chambre d’enfance, au milieu des années 1990, dans laquelle on disposera surtout des jouets, des livres et un objet en particulier qui nous suivra pendant longtemps. Viendront ensuite des espaces plus grands et plus tard multipièces, comme le dortoir universitaire, les appartements partagés avec des colocs ou avec un amoureux, etc. On découvre ainsi les relations que cette protagoniste entretient non seulement avec ses biens, mais aussi avec ses amants, ses amis et sa famille.

Unpacking offre une approche fascinante en matière de narration environnementale. L’histoire est bien sûr écrite par le développeur, mais celui-ci laisse au joueur le soin de construire les scènes et d’y ajouter une touche personnelle. Bien que le but soit de placer les choses là où elles sont plus ou moins censées aller, on peut les disposer à peu près notre guise, sauf à quelques exceptions. On s’est tellement attaché à notre protagoniste qu’on a utilisé cet espace de liberté pour placer les objets d’une manière qui, à notre avis, lui aurait facilité la vie. Par ailleurs, on obtient des récompenses sous forme d’autocollants lorsqu’on expérimente de manière intéressante dans notre placement d’objet.

Les objets et les environnements, rendus en pixel art et en vue isométrique, sont magnifiques et conçus avec soin. L’expérience est aussi habillée d’une musique de fond apaisante et d’une riche conception sonore qui donne à chaque objet une dimension délicieusement tactile lorsqu’on la dépose sur une surface.

Ses mécaniques sont simples et on peut terminer Unpackingen une poignée d’heures, mais il reste un jeu mémorable. Sa plus grande réussite est de démontrer qu’il est possible de raconter une histoire émouvante sans utiliser les outils tels les dialogues ou la narration, souvent considérés comme essentiels. On recommande chaudement.
 

Unpacking

★★★★ 1/2

Développé par Witch Beam et publié par Humble Bundle. Offert pour Nintendo Switch, Xbox One, Xbox Series X/S et PC (Game Pass).

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