Sur vos écrans: comédies légères et documentaire sérieux

Une scène de la comédie jeunesse «Famille magique»
Photo: Radio-Canada Une scène de la comédie jeunesse «Famille magique»

Comédies déjantées, pour tous

 

La comédie qui fait rigoler sans qu’on ait trop à réfléchir fait souvent un bien fou, peu importe l’âge qu’on a. Ces deux nouveautés comiques d’ici, des séries de fiction s’adressant à des publics bien distincts, entrent parfaitement dans cette catégorie en exploitant des canevas familiers.

Famille magique s’adresse à toute la famille, mais plaira surtout aux jeunes du primaire. Daniel Coutu, l’un des magiciens favoris des enfants, en est l’idéateur et y incarne l’un des personnages principaux. Celui qui s’est fait connaître grâce à ses spectacles et ses émissions où il mélange habilement vulgarisation scientifique et magie joue ici son propre rôle de prestidigitateur, mais avec un petit quelque chose d’inhabituel : il a de vrais pouvoirs magiques. Il n’est pas seul : ses enfants, ses parents et sa grand-mère et sa sœur possèdent également des dons surnaturels. Même la maison de cette grande famille a des « talents » particuliers…

Ces facultés magiques, distinctes pour chacun des membres de la famille, constituent parfois un atout, mais souvent une nuisance, d’autant plus que celles-ci doivent rester secrètes. Cette réalité « exceptionnelle » pour une famille en apparence ordinaire se révèle être un terreau particulièrement fertile pour des situations et des intrigues abracadabrantes, à mi-chemin entre l’humour burlesque et absurde, dans ce cadre plutôt classique de la sitcom familiale classique.

Coutu, qui avait déjà montré un talent certain pour la comédie franche dans les sketchs de ses émissions de magie, est très convaincant en papa membre d’une tribu pas ordinaire et époux d’une lampe, au diapason des jeunes acteurs et des « vétérans » que sont Marie-Chantal Perron, Luc Senay et Stéphane Crête, en voisin ex-magicien. La présence de ce dernier nous rappelle d’ailleurs que la production n’est pas tellement loin de l’esprit de Dans une galaxie près de chez vous, mais pour un public un brin plus jeune.

De son côté, Complètement lycée parle plutôt aux ados friands de séries mélodramatiques américaines qui leur sont destinées, et aux adultes qui en ont beaucoup consommé. Cette désopilante parodie des Degrassi, de Dawson’s Creek, et autres One Tree Hill, fruit de l’imagination de Pierre-Yves Roy-Desmarais et Rosalie Vaillancourt, qui y tiennent d’ailleurs des rôles principaux, et réalisée par Alec Pronovost (Le Killing), exploite tous les poncifs du genre avec vigueur et rigueur.

C’est que cette websérie, qui copie habilement la facture visuelle de ces productions à gros budget, a d’abord été tournée en anglais. Les acteurs, qui exploitent tous les clichés des personnages qui le sont tout autant (la petite nouvelle à lunettes, la vedette de football macho, la pimbêche populaire), se sont ensuite doublés en imitant l’accent « international » franchouillard et les tics de langage caractéristiques de ces versions françaises.

Ce ressort comique constitue un atout de taille pour rehausser l’intérêt fort limité des intrigues archi-usées qui animent les couloirs du « lycée » de New Garden Hills Valley, en banlieue de Chicago. C’est gros, c’est gras, et on rit de bon cœur. On aurait pris plus que huit épisodes.


Famille magique
ou.tv Extra, dès le 7 décembre, et ICI Télé, les samedis, 10 h, dès le 8 janvier
Complètement lycée
Noovo.ca, dès le 7 décembre

 

Pearl Harbor, façon Apocalypse

 

Il y a tout juste 80 ans, les États-Unis, jusque-là une nation « neutre » durant la Seconde Guerre mondiale, devenaient belligérants après l’attaque « surprise » de l’armée japonaise (et la déclaration de guerre qui l’a précédée d’une petite demi-heure) de la base navale de Pearl Harbor, dans l’archipel d’Hawaï. Télé-Québec souligne cet anniversaire en présentant un documentaire français encore tout neuf (produit en 2021) qui raconte dans le détail cette attaque qui a changé la trajectoire de la Seconde Guerre mondiale, et ses suites meurtrières, dans les deux camps.

Le réalisateur français David Korn-Brzoza, un habitué des documentaires sur l’histoire du XXe siècle, dont une dizaine de projets portant sur divers aspects de la Seconde Guerre mondiale, propose ici un long métrage qui fait immanquablement penser aux séries Apocalypse. Il n’utilise que des images d’archives, dont plusieurs sont colorisées, pour faire le récit de ce conflit, bien souvent à partir de témoignages de première main des soldats, civils et politiciens qui l’ont vécu de près, le tout narré par la voix à la foistranquille et dramatique de l’acteur français Vincent Lindon. La formule fonctionne à merveille dans cette mine d’informations, certes déjà connues par les férus de Seconde Guerre mondiale, mais souvent nouvelles pour le commun des ours qui pensent en savoir pas mal sur ce conflit.


Pearl Harbor, le monde s’embrase
Télé-Québec, lundi et mardi, 20 h

Et de 5!

La soirée MAMMOUTH, cette célébration de personnes inspirantes auprès des jeunes du secondaire, qui s’est peu à peu transformée en revue de l’année, alliant les sketchs de parodie et les numéros de variétés, en est à sa cinquième édition. Et on peut dire qu’elle est devenue une véritable tradition télévisuelle qui connaît de multiples vies sur les plateformes fréquentées par les ados. Sarah-Jeanne Labrosse et Pier-Luc Funk sont toujours à la barre de cette grande fête qui pourrait honorer des sportifs (Jonathan Drouin, Leylah Fernandez), des musiciens (Kaytranada, Cœur de pirate) ou un cinéaste d’une autre génération (Denis Villeneuve).

MAMMOUTH 2021
Télé-Québec, vendredi 10 décembre, 20 h. Rediffusion le 12 décembre, 17 h. Disponible sur Telequebec.tv.


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