Sylvain Archambault a failli réaliser une série sur le «pole dancing»

Sylvain Archambault ne signera finalement pas son grand retour derrière la caméra avec l’émission «Pole Dance».
Photo: Pedro Ruiz Archives Le Devoir Sylvain Archambault ne signera finalement pas son grand retour derrière la caméra avec l’émission «Pole Dance».

Quatre ans après avoir été visé par des allégations d’inconduites sexuelles, le réalisateur Sylvain Archambault a été choisi il y a quelques semaines pour mener à bien une docusérie portant sur l’univers de la danse à la barre (« pole dancing »), qui est en cours de développement pour l'une des plateformes de Québecor.

Son arrivée a suscité un profond malaise au sein de l’équipe technique, et la compagnie de production a rapidement fait marche arrière. Sylvain Archambault ne signera donc finalement pas son grand retour derrière la caméra avec l’émission Pole Dance, dans laquelle on suit des femmes qui ont fait de cette activité inusitée leur loisir.

La série ne mise pas sur l’aspect érotique qui y a longtemps été associé, mais il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un sujet délicat. Surtout pour un homme à qui l’on reproche d’avoir tenu à maintes reprises des propos déplacés sur des tournages, tranche Ève LeClair. Cette monteuse d’expérience a renoncé à faire partie de l’équipe lorsque la compagnie de production, Locofilms, lui a annoncé à la fin octobre que Sylvain Archambault se joignait au projet.

« C’est vraiment indélicat vu le sujet. C’est comme si on confiait la réalisation d’une série sur la tournée des bars à un alcoolique. C’est risqué », raisonne à voix haute Mme LeClair, qui était également mal à l’aise à l’idée de se retrouver seule avec lui.

Sous le sceau de la confidentialité, trois de ses anciens collègues ont confié au Devoir avoir choisi eux aussi de quitter l’aventure quand ils ont appris que la réalisation allait être confiée à Sylvain Archambault.

Au départ, le réalisateur devait plutôt être Christian Lalumière, qui a travaillé entre autres sur la série documentaire Karaoké, accessible sur la plateforme Tou.tv.

Or, il s’est désisté au bout de deux jours de tournage. C’est à ce moment que Locofilms a fait le pari de le remplacer par Sylvain Archambault, qui est d’ailleurs l’un des dirigeants de la compagnie.

Joint il y a deux semaines lorsque les premières informations avaient commencé à fuiter, Québecor Contenu avait affirmé ne pas avoir été mis au courant de ce changement de réalisateur. Interrogé à nouveau jeudi, le diffuseur a indiqué n’avoir rien d’autre à ajouter sur le sujet.

La boîte de production, elle, a changé son fusil d’épaule durant ce laps de temps. Le réalisateur Jeff Proteau a confirmé avoir été recruté la semaine passée pour assurer la suite des tournages de Pole Dance.

Il n’a toutefois pas voulu en dire plus sur les circonstances entourant son embauche, redirigeant Le Devoir vers Québecor.

« Malgré l’arrivée d’un nouveau réalisateur, je n’ai pas voulu revenir en sachant que Sylvain Archambault était associé à la boîte de production, ce que j’ignorais au départ », poursuit l’une des personnes de l’équipe technique.

Silence radio

Personne chez Locofilms n’a commenté de vive voix le tollé qu’a entraîné cette décision.

Il y a deux semaines, les dirigeants de l’entreprise avaient même nié avec véhémence avoir voulu intégrer M. Archambault à leur projet, malgré des informations contraires en notre possession à l’époque. Relancés jeudi, ils n’ont pas répondu à nos appels. Il n’a pas été possible de parler à Sylvain Archambault.

Le prolifique réalisateur de 57 ans, à qui l’on doit plusieurs séries à succès comme Les Lavigueur et les premières saisons des Pays d’en haut, connaît une traversée du désert depuis la parution en plein cœur du mouvement #MoiAussi d’un article à charge dans La Presse.

Deux ans plus tard, en 2019, il avait reconnu avoir pu heurter des gens par ses blagues salaces et son caractère parfois difficile, mais disait ne pas mériter un tel acharnement. Sylvain Archambault n’a jamais été accusé au criminel.


Le texte original de cet article qui indiquait que la docusérie serait diffusée cet hiver à TVA a été modifié pour indiquer que le projet est en cours de développement pour l'une des plateformes de Québecor. Par ailleurs, c'est plutôt Québecor Contenu, et non Groupe TVA, qui a été contacté pour les commentaires sur le changement de réalisateur.

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