​Sur vos écrans: chez le voisin américain

 

Meurtre « glamour »

 Ceux qui sont nés à l’ère disco (dont l’autrice de ces lignes…) et leurs aînés, un peu curieux des « faits divers », ont déjà entendu parler du meurtre de Marie-Josée St-Antoine, une mannequin québécoise de renommée internationale, retrouvée poignardée en juin 1982 dans son appartement new-yorkais. Cette affaire, qui a fait la une des tabloïds et des revues à potins d’ici et d’ailleurs (mais surtout d’ici…), toujours officiellement non résolue, a marqué l’imaginaire du public québécois puisqu’elle impliquait une autre vedette de cette époque dorée depaillettes et de boules disco : l’animateur radio, télé et de discothèque Alain Montpetit, décédé des suites d’une surdose dans une chambre d’hôtel de Washington en 1987. En 2002, la petite amie de Montpetit, qui servait d’alibi à ce dernier pour le blanchir des accusations de meurtre, avouait avoir menti, ce qui a fait ressurgir l’histoire dans l’actualité criminelle. Mais comme le suspect était mort et enterré depuis belle lurette.

La minisérie Qui a tué Marie-Josée ? emprunte le modèle du documentaire true crime pour raconter cette sombre affaire dans le détail, à travers les témoignages de la famille, de proches, de voisins new-yorkais de la jeune « top-modèle » québécoise, mais aussi de policiers affectés jadis à ce dossier et de quelques acteurs de la scène culturelle et médiatique de l’époque, qui ont suivi l’affaire de près (Claude Poirier) ou de moins près (Nathalie Petrowski, Mario Lirette). La production réalisée par Jean-François Poisson, qui connaît bien les codes du genre (Léo-Paul Dion : confessions d’un tueur, Sur les traces d’un tueur en série), dresse un portrait éclairant du contexte dans lequel s’est déroulée cette histoire mystérieuse et relate les différentes pistes d’enquête explorées. Peut-être parce que ce meurtre et ses suites ont été médiatisés à outrance à différentes époques, mais l’ensemble semble moins « explosif » que d’autres séries true crime du genre, comme la toute récente Présumé innocent : l’affaire Michèle Perron.

 


Qui a tué Marie-Josée ?

Crave, dès le 10 novembre

 

Forces tranquilles

 

Le géant du streaming Prime Video lance le même jour deux productions documentaires qui s’intéressent à des personnes aux profils considérés par encore trop d’Américains (mais pas que…) comme des individus « anormaux » et parfois même « dangereux », qui arrivent à atteindre leurs objectifs, malgré l’adversité, grâce à leur détermination et au soutien de leur entourage.

Le documentaire Mayor Pete suit la campagne du maire de South Bend, Pete Buttigieg, aux primaires démocrates de 2020. Celui-ci espérait devenir le candidat choisi par son parti à l’élection présidentielle, finalement remportée par son rival Joe Biden. Buttigieg a la particularité d’être un vétéran de l’armée, un politicien d’un calme olympien qui a su faire renaître sa ville natale d’Indiana, mais surtout d’être ouvertement gai et de s’afficher avec son époux sur les tribunes publiques.

Le long métrage documentaire offre une incursion intimiste qui fait parfois penser au film de Jean-Claude Labrecque À hauteur d’homme dans sa façon en apparence très franche de présenter les coulisses de sa campagne et de sa vie quotidienne, même en période de crise politique grave. Par contre, il se fait un peu trop discret sur la façon dont il a pu être malmené par certains médias conservateurs et par des manifestants homophobes tout au long de cette courte campagne, à laquelle il a mis fin après quelques primaires.

De son côté, la série documentaire Always Jane suit le quotidien d’une jeune femme trans de 18 ans, à la veille de son bal de finissants et de sa « grande opération », qui vit cette transition vers l’âge adulte et son identité féminine dans un contexte beaucoup plus paisible qu’on pourrait l’imaginer, du moins dans un coin rural du New Jersey. C’est qu’elle est soutenue de façon indéfectible par ses amis et surtout par sa famille proche, qui se livrent avec beaucoup de générosité à la caméra que Jane trimballe à l’école, à la maison, dans ses préparatifs pour l’université, et dans ses premiers essais pour devenir mannequin. Cette série bienveillante, qui n’évacue pas pour autant les aspects plus sombres de cette transition multiple, donne l’espoir que d’autres Jane auront la chance d’être aussi bien entourées et comprises.



Mayor Pete et Always Jane

Prime Video, dès le 12 novembre

À ne pas manquer

Biopic ambitieux, mais…

… qui prend peut-être un peu trop de libertés par rapport à ce qu’on connaît réellement de la vie de Léonard de Vinci. C’est du moins l’impression que laisse le premier épisode de cette somptueuse série coproduite par les télévisions nationales de France, d’Italie et d’Allemagne, tournée en anglais et mettant en vedette Aidan Turner (Poldark) dans le rôle du célèbre artiste. Le décès dans des circonstances troubles de Catherine de Crémone, la muse de Vinci, est le prétexte pour raconter une version romancée de l’apprentissage et de l’essor de la carrière de ce dernier. Si on n’est pas trop regardant sur ces libertés prises par les créateurs Frank Spotnitz et Steve Thompson, on ne s’ennuie pas devant ce biopic de luxe.

Leonardo
Artv, les jeudis, dès 21 h


À voir en vidéo