Traque à l’homme

Une scène de la docusérie criminelle «La traque», animée par Patrick Lagacé
Photo: Radio-Canada Une scène de la docusérie criminelle «La traque», animée par Patrick Lagacé

Certains faits divers, qui passent presque inaperçus dans les médias, ont pourtant l’étoffe de véritables thrillers policiers. Le producteur Guillaume Lespérance, qui s’est initié aux histoires de crime véridique ces dernières années avec Le dernier soir, sait les flairer. Cette fois, c’est dans une chronique de Patrick Lagacé, signée dans La Presse en 2010, qu’il a trouvé matière à produire la série télévisée La traque, qui prendra bientôt l’affiche sur ICI Télé.

La traque, c’est l’histoire d’un criminel en série armé jusqu’aux dents qui s’introduisait par effraction dans les résidences et qui a terrorisé en 2006 et en 2009 différents quartiers de l’ouest de l’île, laissant dans son sillage au moins un mort et plusieurs blessés. L’homme, qui agit froidement, avec un calme stupéfiant, préfère entrer dans les maisons quand les résidents s’y trouvent. Ainsi il peut, en menaçant ses victimes avec son arme, les emmener au guichet automatique pour chercher davantage de fonds.

À l’époque, le criminel était « un fantôme », rappelle Patrick Lagacé. On ne connaissait pas son nom. Il a d’ailleurs complètement échappé aux policiers au beau milieu d’une intervention où il avait pris un enfant en otage.

« Pendant des années, je relançais Patrick, jusqu’à temps qu’il y ait une arrestation et un procès. Mais c’est vraiment là, dans un fait divers, que cette série-là est née », a souligné Guillaume Lespérance mercredi à des journalistes.

Masqué jusqu’aux yeux, le criminel est difficile à reconnaître, même par ses victimes. Et il ne laisse derrière aucune trace, sauf, au fil des ans, un brin de laine tiré de l’un de ses gants et une échelle laissée sur les lieux de la prise d’otage. Finalement, l’homme, Septimus Neverson, a été arrêté en 2015 à Trinité-et-Tobago. Il a finalement été traduit devant les tribunaux et condamné à la prison à vie, dans une cause qu’il a récemment portée en appel.

Bons et moins bons jours

Dans la docusérie, le journaliste Patrick Lagacé rencontre à la fois des victimes et des policiers, ainsi que l’informateur qui a finalement aidé à dévoiler l’identité du criminel. 

À l’écran, le point de vue des victimes est longuement exposé. « On a demandé aux victimes de raconter l’événement le plus traumatisant de leur vie », a relaté mercredi le réalisateur André St-Pierre, qui dit avoir dû faire preuve de beaucoup de délicatesse dans le processus. Mais pour Guillaume Lespérance, La traque raconte l’histoire d’un « succès de la police », même si les victimes ont continué de s’accumuler au cours de la longue et frustrante enquête. Un bon thriller, croit-il, se construit à même des échecs des policiers.

Ici, leur travail est précisément décortiqué. « La police nous a donné un accès privilégié aux enquêteurs et aux protagonistes de cette aventure », indique Patrick Lagacé.

Et ces policiers n’y apparaissent pas toujours sous leur meilleur jour. Le premier épisode de la série raconte comment deux policières ont laissé s’échapper le criminel alors qu’il se trouvait pratiquement à portée de main. Mais les trois premiers épisodes montrent aussi qu’on peut trouver un portrait génétique complet dans un brin de laine égaré.

On nous promet que les deux derniers épisodes, qui ne sont pas encore prêts, dressent un portrait plus complet du criminel, dont les motifs et le profil psychologique sont difficiles à saisir, ce qui rend d’ailleurs le travail policier complexe, et la série, haletante.

 

La traque

Dès le samedi 13 novembre à 20 h sur ICI Télé, et sur Tou.tv Extra.

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