«The Oratorio»: l’oratorio qui changea New York

Le but est de nous replonger en 1826, alors que New York était, comme le raconte Scorsese, à la traîne de Philadelphie et Boston.
Photo: PBS Le but est de nous replonger en 1826, alors que New York était, comme le raconte Scorsese, à la traîne de Philadelphie et Boston.

Quels secrets cache l’ancienne cathédrale Saint Patrick à New York ? Martin Scorsese l’investit non en tant que réalisateur, mais en tant que narrateur du documentaire The Oratorio écrit et réalisé par Alex Bayer, Jonathan Mann et Mary Anne Rothberg.

Le but est de nous replonger en 1826, alors que New York était, comme le raconte Scorsese, à la traîne de Philadelphie et Boston. Un personnage marquant du XVIIIe siècle, le librettiste vénitien de Mozart Lorenzo Da Ponte, avait fui ses créanciers en 1805 pour gagner New York, où il mourut en 1838. « Martin Scorsese raconte l’histoire d’une représentation de 1826 qui a changé à jamais le paysage culturel américain en introduisant l’opéra italien à New York », nous dit le communiqué de presse. Le récit est passionnant et l’anecdotique reconstitution musicale d’un oratorio à partir de musiques de Cimarosa, Zingarelli, Haydn, Händel et Arne reste sympathique.

Mais, dans les faits, c’est l’arrivée aux États-Unis en 1825 de la compagnie itinérante du ténor Manuel Garcia qui fit fureur et le vrai événement de 1826, ce furent les neuf représentations de Don Giovanni montées par Garcia et Da Ponte. Ces balbutiements de l’opéra à New York sont narrés dans le chapitre 33 du livre Un certain Da Ponte d’Aleramo Lanapoppi. Quant aux œuvres sacrées du XVIIIe, elles étaient servies depuis 1823 par la Société chorale de New York. Cela n’ôte rien aux mérites de ce documentaire chaleureux, juste un peu prétentieux, raccourci de 66 à 55 minutes pour les besoins de la télévision.

The Oratorio: A Documentary with Martin Scorsese

PBS, vendredi 5 novembre, 21 h. Suivi de Da Ponte’s Oratorio: A concert for New York.

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