Sur vos écrans: défaire quelques préjugés

Julius Fleischanderl dans Cryptide
Photo: Radio-Canada Julius Fleischanderl dans Cryptide

 

Ceux qui ont «servi» se racontent 

Au premier coup d’œil, on se dit que cette série documentaire a dû être faite à plusieurs reprises, surtout chez nos voisins du Sud, dont la fibre patriotique très développée tend à mettre en lumière le respect qu’inspirent les hommes et les femmes qui se sont engagés au sein de leur armée nationale. Pourtant, à l’écoute des quatre épisodes d’American Veteran, on constate sa pertinence pour se défaire de quelques préjugés tenaces sur les militaires — des États-Unis, mais aussi d’ailleurs —, sur leurs motivations, sur leur expérience et ce qu’il en reste, une fois qu’ils retournent à la vie « civile ».

L’ensemble n’est pas exempt de discours un brin patriotique et d’une trame sonore « pompière » qui vient souligner le caractère solennel de l’engagement militaire, mais la narration à la première personne vient briser un peu les stéréotypes. Chacun des quatre épisodes a pour « guide » narrateur un vétéran connu du grand public — l’animateur et humoriste Drew Carrey, la sénatrice démocrate Tammy Duckworth et les acteurs Wes Studi et J.R. Martinez — qui raconte sa propre histoire et sert de liant entre les témoignages de collègues issus de plusieurs corps de l’armée, à différentes époques.

On entend ainsi des confidences à propos de leurs débuts dans l’armée, de leur formation et du fameux « boot camp » qui en a découragé certains, de leurs expériences de terrain et des traces indélébiles qu’elles laissent, du retour au bercail, souvent moins glorieux qu’attendu, et de leur rapport à la reconnaissance de leur « sacrifice » par les civils. Ce grand confessionnal déconstruit les idées reçues colportées par la culture populaire, et en confirme d’autres (qu’on vous laissera découvrir), tout en réussissant à humaniser ceux qui ont pris les armes et qui en portent les traces à vie.


American Veteran
PBS, les mardis, 21h

 

Femmes des cavernes «d’action»

La série Secrets of the Dead, qui entame à peine sa 19e saison sur les ondes de la télé publique américaine, s’emploie habilement à faire la lumière sur des mythes à propos de périodes de l’histoire humaine, grâce à la recherche récente et aux innovations technologiques. L’épisode de cette semaine s’intéresse à la femme préhistorique, qu’on a trop longtemps cantonnée à sa caverne, à s’occuper de ses petits et à attendre que les chasseurs de la tribu reviennent avec leur gros gibier…

Les recherches et découvertes récentes menées autant en Europe, en Amérique qu’en Asie démontrent que Mme Sapiens était fort probablement plus active et à certains égards « indépendante ». Au-delà de leur rôle de mère, les femmes préhistoriques de plusieurs régions du monde participaient à la survie de leur clan en chassant le petit gibier, en collaborant à la chasse du gros gibier et en cueillant des fruits et des plantes aux vertus médicinales. Les œuvres d’art qui ont résisté au temps et les données extraites de l’analyse de restes humains plutôt bien conservés donnent des indices de cette vie active, qui aurait été rendue possible entre autres grâce à l’apport des grands-mères des cavernes, mais aussi grâce à de possibles savoirs en matière de planification des naissances. Une enquête fascinante, comme dirait l’autre…


Secrets of the Dead : Lady Sapiens
PBS, mercredi, 22h
 

L’ado et ses monstres

  
 

Les premières minutes du drame d’horreur adolescent Cryptide rappellent quelques clichés des productions génériques américaines de ce genre toujours prisé autour de l’Halloween : un jeune homme pimpant, qui vient tout juste d’avoir une relation sexuelle avec une collègue de classe dans un endroit sombre, meurt dans des circonstances troubles et sanglantes.

La série « jeunes adultes » suédoise, lancée l’an dernier au festival Canneseries, prend une tangente moins prévisible tout de suite après cette mort « explosive », dont on vous laisse découvrir la nature, pour se concentrer sur les conséquences de celle-ci sur le meilleur ami de la victime, Nicklas, et son entourage, perturbés par cet événement particulièrement étrange, qui n’est que le premier d’une série, et par leurs monstres intérieurs.

Cryptide n’arrive pas à complètement s’affranchir des poncifs du genre, avec ses personnages adolescents tracés à gros traits, mais son rythme lent plus près du suspense psychologique (ou du feuilleton dramatique jeunesse !) et sa façon d’entretenir le mystère autour des raisons de ces morts terrifiantes la rendent plus intéressante que bien des productions prisées à l’Halloween.


Cryptide (V.F.)
Tou.tv Extra, depuis le 21 octobre

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Dix pour cent à Mumbai
Le grand succès international de la télé française des dernières années (avec Lupin…), la formidable comédie « documenteuse » Appelez mon agent ! (de ce côté de l’Atlantique, Dix pour cent de son titre original) créée par Fanny Herrero a droit à sa déclinaison bollywoodienne, après une version québécoise réussie, mais qui n’a pas connu les cotes d’écoute espérées. À voir, donc, même si les stars qui se prêtent à l’exercice d’autodérision de Call my Agent Bollywood nous sont pour la plupart inconnues…
Call my Agent Bollywood
​Netflix, dès le 29 octobre


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