«Metroid: Dread»: le metroidvania à dépasser

Capture d'écran de «Metroid : Dread»
Photo: Nintendo Capture d'écran de «Metroid : Dread»

Près de 20 ans depuis le dernier jeu en deux dimensions Metroid original, Nintendo nous ramène dans le temps avec son nouveau jeu de plateforme pour Nintendo Switch, Metroid : Dread. Pur délire nostalgique ou chef-d’œuvre ? On le dira sans ambages : il s’agit là d’un des meilleurs jeux disponibles sur la console hybride et de celui qui définira maintenant le genre metroidvania.

Retour aux sources, donc. Metroid : Dread est un jeu classique en 2D dans lequel notre héroïne, la chasseuse de primes intergalactique Samus Aran, doit enquêter sur une mystérieuse transmission émise depuis une planète inexplorée et qui laisse entendre qu’un dangereux parasite extraterrestre qu’on croyait éradiqué sévit toujours.

Cette nouvelle entrée dans la série porte bien son nom : c’est avec la peur au ventre qu’on progresse au sein de l’inquiétante planète ZDR. Au travers des labyrinthes qui courent sous sa surface, on découvre les ruines d’une civilisation ancienne (pas si) disparue habitées par des créatures grotesques qui veulent notre peau. Plus angoissant encore, des robots envoyés pour préparer le terrain avant notre arrivée, corrompus par une force inconnue, nous pourchassent. (Presque) invincibles, il ne nous reste qu’une seule option : fuir.

Pour ce qui est du ton, ce nouveau Metroid se rapproche beaucoup des films Alien. Seule et pourchassée dans des corridors étroits, Samus doit survivre. L’horreur.

Il n’y a qu’un seul niveau de difficulté offert dans Metroid : Dread, et on le qualifiera de très difficile. On est mort encore et encore au cours de notre période de jeu. Et on a perdu notre chemin aussi souvent. Et c’est pour le mieux : quand se fait le déclic, c’est l’extase.

Dur de croire que le dernier jeu de la série Metroid entièrement original et en 2D, Fusion, pour GameBoy Advance, avait été lancé au même moment que Metroid : Prime, sur GameCube, qui avait entrepris le virage de la franchise vers la 3D en novembre 2002. Certes, on avait eu droit à des remakes 2D de jeux plus anciens — on pense à Zero Mission, lui aussi sur GameBoy Advance et sorti en 2004, et à Samus Returns, en 2017 sur 3DS —, mais il ne s’agissait surtout que de ça : du remâchage nostalgique.

Près de 20 ans plus tard, Nintendo et le studio européen MercurySteam sortent de leur chapeau l’un des meilleurs jeux metroidvania de la décennie, un genre pourtant dominé par une foule de jeux indépendants remarquables (mentionnons Hollow Knight et Axiom Verge).

Les mouvements de Samus, brillamment animés, sont d’une fluiditéexceptionnelle et le combat, extrêmement rapide, est tout aussi cérébral. Trouver de nouvelles habiletés et repasser au peigne fin des zones déjà explorées à la recherche d’endroits auparavant inatteignables forme vite une boucle de jeu addictive. On sait qu’on va y jouer, y rejouer, et s’en souvenir. C’est tel qu’on a hâte determiner d’écrire cette critique pour enfin y retourner.

Une nouvelle Switch

La Nintendo Switch était à peine annoncée, en 2017, que déjà les rumeurs d’une version plus costaude et performante de la console hybride de Nintendo couraient déjà. Quatre ans (et une génération de consoles Sony et Microsoft) plus tard, Nintendo continue de faire un pied de nez à la fine pointe de la technologie avec son nouveau modèle OLED.

Ici, la firme nippone ne change presque rien, sauf son écran plus grand (7 pouces au lieu de 6,2), plus vif et avec un meilleur contraste, et quelques détails, comme sa nouvelle station d’accueil, qui accepte maintenant une connexion Internet filaire, et une nouvelle béquille intégrée maintenant tout en métal et mieux ajustable.

Nintendo a fourni au Devoir une de ces nouvelles consoles pour qu’on en fasse l’essai, mais voilà : il n’y a vraiment pas grand-chose d’autre à dire à son sujet. La nouvelle Nintendo Switch OLED fait usage du même processeur signé NVIDIA que le modèle Switch original et n’offre donc aucun gain de performance en jeu, alors que plusieurs d’entre eux en profiteraient bien. Certes, le nouvel écran à diodes électroluminescentes organiques est bienvenu, mais à une résolution inchangée de 720p, il est probablement toujours moins bien que celui de votre téléphone intelligent.

Si vous étiez déjà à la recherche d’une Nintendo Switch, à 349,99 $, soit 50 $ de plus que le modèle original toujours disponible, le choix est facile : jetez votre dévolu sur la nouvelle console. Il s’agit de la meilleure version. Mais on vous avertit : si vous possédez déjà une Switch, il n’y a aucune bonne raison de faire le saut. Attendez donc la prochaine mise à jour. De notre côté, on n’a d’ailleurs pas été converti et on préfère encore le modèle Lite voué au jeu portatif, plus compact et plus proche de la GameBoy qui a bercé notre enfance.

 

Metroid : Dread

★★★★ 1/2

Conçu par Nintendo et MercurySteam Entertainment. Édité par Nintendo. Offert pour Nintendo Switch seulement.



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