Sur vos écrans: la mémoire dans tous ses états

Une scène du documentaire «L’histoire interdite», du cinéaste Ariel Nasr
Photo: ONF Une scène du documentaire «L’histoire interdite», du cinéaste Ariel Nasr

Le crime parfait ?

 

C’est là le constat auquel on a le goût d’en venir à la fin de l’écoute des quatre épisodes de la série documentaire « true crime » concoctée par Marie-Claude Savard, Sébastien Trudel et le réalisateur Sébastien Trahan (Le dernier vol de Raymond Boulanger). Ils livrent ici une révision studieuse et enlevante du dossier resté irrésolu du meurtre de Michelle Perron, l’épouse du réalisateur de Radio-Canada Gilles Perron, en décembre 1987, une affaire qui a abondamment fait la manchette des médias dans les années suivantes, grâce entre autres à des rebondissements de films hollywoodiens.

La minisérie, heureusement lancée en bloc cette semaine puisqu’elle se dévore facilement d’un coup, replonge dans les circonstances étranges de cet assassinat sanglant survenu dans le stationnement d’une polyclinique de Laval un soir de tempête de neige, alors que l’époux de la victime, le réalisateur de Star d’un soir et des Démons du midi, se trouvait sur les lieux au moment du meurtre. Ou pas très loin… Gilles Perron, aujourd’hui décédé, a d’ailleurs été reconnu coupable du crime lors d’un premier procès.

La série détaille, grâce aux témoignages d’acteurs de cette affaire (les redoutables avocats de la défense Daniel Rock et Jean Dury, Yves Boisvert, alors journaliste judiciaire « débutant », les policiers de Laval jadis affectés à cette affaire et la maîtresse de longue date de Perron, Monique Sirois) et des archives révélatrices, les méandres de cette histoire abracadabrante, où il est question de voiture momentanément en panne, des Rôtisseries St-Hubert et de patinage artistique, en révélant de nouveaux éléments qui donnent à croire que bien des secrets sont restés tapis pour donner à cette affaire un vernis de « crime parfait ».


Présumé innocent :  l’affaire Michelle Perron
Crave, dès le 8 octobre

 

Quand la mémoire revient…

 

À l’hiver 1989, Eileen Franklin, jeune mère américaine, joue avec sa fillette quand tout d’un coup, des souvenirs restés enfouis dans les interstices de sa mémoire remontent à la surface : elle se souvient d’avoir vu 20 ans plus tôt son père, George, violer et assassiner sa meilleure amie d’alors, la petite Susan Nason. Les informations qui émanent de ces souvenirs retrouvés mèneront à la première condamnation sur la base de ce type de preuve aux États-Unis, une décision qui sera infirmée en appel quelques années plus tard. Les quatre épisodes de la série documentaire Buried relatent cette saga judiciaire singulière et controversée de même que ses conséquences sur la famille Franklin et sur le système judiciaire, en s’attardant sur ce phénomène de la mémoire retrouvée, qu’on assimile souvent à de faux souvenirs.


Buried (V.O.A.) ​
Showtime et Crave, dès le 10 octobre

 

Mémoire rescapée

 

Le cinéaste montréalais d’origine afghane Ariel Nasr (Les boxeuses de Kaboul) a présenté en salle son documentaire L’histoire interdite, datant pourtant de 2019, quelques jours après la (re)prise de Kaboul par les talibans en août dernier. Son film collige des extraits de films de fiction et documentaires tournés sous l’égide d’Afghan Films, l’équivalent local de l’ONF, dans les années 1960 et 1970, un patrimoine sauvé clandestinement in extremis lors de la première prise du pouvoir des talibans en 1996. Ces images rescapées montrent un pays loin de l’image d’obscurantisme et de désolation qu’on en retient trop souvent. À noter que le film est diffusé dans une version raccourcie pour la télévision.


L’histoire interdite
​RDI, vendredi 15 octobre, 20 h

À ne pas manquer

Émois adolescents fantastiques

Un nouveau pan de l’œuvre du « maître de l’horreur » de la littérature jeunesse d’aujourd’hui, R.L. Stine (la série Chair de poule, c’est lui !), a droit à sa transposition dans une série d’anthologie portant le sceau rassurant de l’empire Disney. La série de romans graphiques Just Beyond raconte des histoires d’adolescents assez réalistes sur des enjeux affectifs et identitaires qui pourraient être abordés dans n’importe quel feuilleton « jeunesse ». Mais ces enjeux prennent rapidement une tangente inquiétante, impossible dans le monde réel. Les huit épisodes, lancés le même jour, sont tous adaptés par le scénariste et producteur Seth Grahame-Smith (Orgueil et préjugés et zombies, Ça). Mark Webb (The Amazing Spider Man) signe la réalisation de deux d’entre eux.

De l’autre côté (Just Beyond en V.O.A.)
Disney+, dès le 13 octobre


À voir en vidéo