«The Velvet Underground»: à cheval sur une époque

Allergiques au «flower power» et aux rêves du grand Nirvana, les Velvet Underground étaient autodestructeurs et violents.
Photo: Festival de Cannes Allergiques au «flower power» et aux rêves du grand Nirvana, les Velvet Underground étaient autodestructeurs et violents.

Présenté à Cannes hors compétition à des festivaliers cloués sur leurs sièges tant le film provoquait l’envoûtement, le documentaire Velvet Underground de l’Américain Todd Haynes arrive enfin dans nos salons par le truchement d’AppleTV+, qui en a fait l’acquisition. Le cinéaste de Carol, de Velvet Goldmineet de I’m not There fait ici ses premiers pas au documentaire en rendant hommage au groupe emblématique new-yorkais des années 1960.

Allergiques au « flower power » et aux rêves du grand Nirvana, les Velvet Underground étaient autodestructeurs et violents, sous sonorité rugueuse et provocatrice des cordes de guitares désaccordées. Todd Haynes a mis tout son art à contribution, son amour du rock aussi, en tout respect des couleurs et des accents du groupe comme de leur époque pour saisir leur pulsation électrique.

Ni voix hors champ ni commentaire du cinéaste à l’écran, une narration linéaire, presque une trame de base classique. Mais le travail sur l’image remixée, avec effets stroboscopiques, écrans multiples, son parfois désarticulé, extraits musicaux et concerts filmés, entraîne le spectateur dans une sorte de voyage intérieur psychédélique à travers une approche résolument expérimentale. Ce film explose dans la fureur de vivre, qui est aussi pour ces musiciens clairvoyants un vertige de mort. Le groupe hurlant, à cheval sur une époque, qui eut du génie tout en marchant entre les abîmes, devient sous la loupe de Todd Haynes le symbole d’un XXe siècle hanté, exalté et condamné. La plus grande force de ce documentaire est d’en avoir montré la pleine portée emblématique.

 

The Velvet Underground

AppleTV+, dès le 15 octobre

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