L’actrice Andrée Boucher a rendu son dernier souffle

Andrée Boucher, célèbre pour ses rôles dans «Les belles histoires des pays d’en haut» et le téléroman «Des dames de cœur», est décédée jeudi à l’âge de 83 ans.
Photo: Artv Andrée Boucher, célèbre pour ses rôles dans «Les belles histoires des pays d’en haut» et le téléroman «Des dames de cœur», est décédée jeudi à l’âge de 83 ans.

La comédienne Andrée Boucher, célèbre pour ses rôles dans Les belles histoires des pays d’en haut et le téléroman Des dames de cœur, est décédée jeudi à l’âge de 83 ans. « Heureusement, elle est morte dans mes bras, et j’ai pu m’accrocher à son dernier souffle », a confirmé son conjoint depuis 46 ans, Jean-Pierre Bélanger, sur les réseaux sociaux.

Née en 1938 à Macamic, en Abitibi, Andrée Boucher s’est retrouvée très jeune sous le feu des projecteurs. Elle entre dans le milieu du divertissement dès l’âge de 15 ans dans un radio-théâtre, puis apparaît sur les écrans pour la première fois à l’âge de 17 ans. Elle interprète son premier grand rôle en carrière lorsqu’elle franchit le seuil de la majorité : celui de la belle Artémise Baltour-Labranche, dans la célébrissime série Les belles histoires des pays d’en haut, diffusée de 1956 à 1970.

« C’est monsieur Grignon qui voulait que ce soit moi, parce que j’étais un peu ronde et parce que je venais de l’Abitibi. Comme ça, il disait que si j’avais un blanc, je trouverais les mots qu’il faut », racontait-elle l’an dernier dans une entrevue au Journal de Montréal, en faisant référence à l’auteur de la série, Claude-Henri Grignon.

Le public québécois se souvient aussi largement d’Andrée Boucher pour son rôle de l’attachante Évelyne Lamontagne dans le téléroman Des dames de cœur, créé par Lise Payette et diffusé de 1986 à 1989. L’histoire de ce personnage victime de violence conjugale avait à l’époque provoqué une vague d’aveux et de dénonciations sans précédent, trente ans avant le déclenchement du mouvement MeToo. Son interprétation lui vaudra d’ailleurs en 1988 le prix Gémeaux de la meilleure interprétation pour un premier rôle féminin dans une série dramatique ou une comédie.

La série fut si populaire que le groupe Rock et Belles Oreilles en fera un de ses dindons de la farce dans une imitation titrée Des deux de pique. La réplique d’Évelyne « Prendrais-tu un p’tit café ? », répétée à la parodie par Guy A. Lepage, suivra Andrée Boucher durant des années. Ce dernier a souligné le décès de Mme Boucher, une « charmante dame que j’aimais beaucoup », a-t-il gazouillé. La regrettée actrice a par ailleurs joué la grand-mère de Guy dans la série Un gars, une fille.

Au fil de 40 ans de carrière, les amateurs ont pu entendre Andrée Boucher dans Symphorien, diffusé dans les années 1970, Virginie, et plus récemment dans Le petit monde de Laura Cadieux. En plus des apparitions régulières au petit et au grand écran, la comédienne a aussi foulé les planches. Elle a tenu le rôle de Thérèse dans la comédie musicale Monica la mitraille de Michel Conte, présentée en 1968 à la Place des Arts de Montréal.

La fructueuse carrière d’Andrée Boucher la portera jusqu’en France, où elle joua deux saisons le rôle de Suzel Schulmeister dans la série Schulmeister, espion de l’empereur, au début des années 1970. La comédienne est également l’auteure de deux autobiographies, Quand je serai grande, je serai sage ainsi que J’ai choisi la vie. Elle y raconte notamment son combat contre la toxicomanie, l’histoire de ses thérapies et les passions qui l’animaient.

L’annonce du décès de la comédienne a immédiatement provoqué une vague d’émotion sur les réseaux sociaux québécois.

« Andrée Boucher nous a quittés en laissant derrière elle une imposante feuille de route et le rôle marquant d’Évelyne dans Des dames de cœur de Lise Payette », a souligné la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Nathalie Roy, en offrant ses condoléances aux proches.

Andrée Boucher est la dernière du quatuor des Dames de cœur à rendre l’âme, après Luce Guilbeault, Louise Rémy et Michelle Rossignol.

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