«Maid»: pauvreté obligée

La scénariste Molly Smith Metzler raconte la misère au quotidien dans cette minisérie.
Photo: Ricardo Hubbs Netflix La scénariste Molly Smith Metzler raconte la misère au quotidien dans cette minisérie.

En 2019, l’autrice et journaliste américaine Stephanie Land publiait ses mémoires intitulées Maid : Hard Work, Low Pay, and a Mother’s Will to Survive. Elle y racontait ses déboires de jeune mère de famille monoparentale, qui après avoir fui un conjoint violent, essayait de joindre les deux bouts grâce à une demi-douzaine de programmes d’assistance publique et un emploi de femme de ménage dans des résidences cossues qu’elle ne pourrait jamais rêver de posséder.

La scénariste Molly Smith Metzler (Shameless, Casual, Orange Is the New Black) a adapté ce récit de la misère au quotidien pour en faire une minisérie de fiction émouvante, souvent éprouvante, en équilibre fragile entre le mélodrame, la chronique sociale et la comédie dramatique, portée par les performances inspirées de ses deux vedettes principales. Margaret Qualley (The Leftovers) y incarne Alex, la « bonne » du titre, jeune femme courageuse et un peu naïve malgré un parcours de vie difficile, qui découvre à la dure le prix de la monoparentalité et l’indépendance, quand on ne peut compter que sur soi, ou presque.

On la suit dans sa longue série d’épreuves et de départs, entre un ex, repentant mais incapable, un père trop longtemps absent et une mère-enfant, artiste hippie et bipolaire non soignée, qu’interprète avec un bel aplomb Andie McDowell, la véritable mère de Qualley. Leur relation houleuse et leur complicité chaleureuse et évidente ajoutent un supplément d’âme à cette chronique à la finale un brin jovialiste et convenue, qui ne la rend pas moins intéressante.

Maid (en V.O.A. et V.F.)

Netflix, dès le 1er octobre

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