​Sur vos écrans: en personne. Un peu, beaucoup.

Véronique Cloutier anime le gala des 36es prix Gémeaux.
Photo: Andréanne Gauthier Radio-Canada Véronique Cloutier anime le gala des 36es prix Gémeaux.

Des galas comme « avant », ou presque

Les téléphiles amateurs de ce qui se fait sur nos petits écrans et ceux des voisins du Sud devront encore une fois cette année jouer habilement de leur zappette pour ne rien manquer (ou presque…) des deux galas qui récompensent le meilleur de ce qui les a divertis dans la dernière année, toujours diffusés au même moment. Heureusement pour eux, ces célébrations auront, contrairement à l’an dernier, des airs de galas d’avant la pandémie, avec un parterre de vedettes, certes un peu plus clairsemé qu’avant, du strass, des paillettes et, on le souhaite ardemment, des moments drôles et émouvants, quelques faux pas et des déclarations qui feront jaser le lendemain autour de la machine à café « virtuelle »…

Le Gala des 36es prix Gémeaux sera animé pour une troisième année consécutive par Véronique Cloutier, encore une fois en direct du studio 42 de Radio-Canada, devant un public qui devrait être un peu plus nombreux que l’an dernier. Elle pourra également compter à nouveau sur la technologie de réalité augmentée qui avait plutôt bien fonctionné lors de sa première utilisation lors du gala de l’an dernier.

La veille, la cérémonie du Gala d’ouverture, appelé jusqu’à l’an dernier « Avant-première », prendra du galon télévisuel puisqu’il sera présenté en direct samedi soir sur Artv, plutôt que d’être relégué aux oubliettes des cotes d’écoute le dimanche après-midi. Chantal Lamarre en assure l’animation.

Le chant du cygne drolatique de Faits divers, la première (et bouleversante) série réalisée par la cinéaste Sophie Deraspe, Bête noire et l’indélogeable feuilleton policier District 31comptent le plus grand nombre de nominations. Les beaux malaises 2.0, la conclusion de M’entends-tu ? et le baptême télévisuel de Patrick Senécal (présente) ont des chances respectables de remporter quelques statuettes, avec leur petite (ou grosse) dizaine de nominations, et peut-être d’offrir à leurs artisans une occasion de livrer un discours mémorable… ou non.

Chez nos voisins américains, la grande fête de la télé prend l’air puisqu’elle aura lieu à l’extérieur et sous chapiteau, devant un auditoire étoilé nettement plus vaste que celui de l’an dernier, qui s’était tenu dans un Staples Center vide… À l’animation, Jimmy Kimmel cède sa place au comédien et humoriste Cedric The Entertainer, qui en sera à ses premières armes comme maître de cérémonie d’une aussi grosse production télévisuelle en direct.

La première saison « Diana » de The Crown (Netflix), le deuxième effort de The Mandalorian (Disney+) et les débuts du succès surprise Ted Lasso(AppleTv+) dominent la course aux récompenses, dans laquelle les coups de cœur critiques et publics WandaVision (Disney+), The Queen’s Gambit (Netflix) et Mare of Easttown (HBO) pourraient se tailler une belle place.



Gala d’ouverture des 36es prix Gémeaux
Artv, samedi, 20 h  

Gala des 36es prix Gémeaux
ICI Télé, dimanche, 20 h

The 73rd Emmy Awards
CBS et CTV, dimanche, 20 h
  

Se prendre pour d’autres

Deux nouveautés américaines jouent sur les possibles identités de leurs protagonistes, chacune à sa façon. Ainsi, le drame Ordinary Joe, créé par des coéquipiers à l’écriture et à la production depuis leur participation à House, emprunte la prémisse de la comédie britannique Sliding Doors (Les portes du destin en V.F.), où l’on suivait deux destins alternatifs du personnage incarné par Gwyneth Paltrow, qui variait selon qu’elle ratait ou non le métro. 

Ici, le Joe du titre (James Wolk) vit trois existences parallèles selon la décision qu’il prend lors de sa cérémonie de collation des grades universitaire : il suit les traces de son père en intégrant les forces policières, accomplit son rêve personnel en devenant un musicien vedette ou prend pour épouse son amour de jeunesse et pour métier celui d’infirmier. Le concept fonctionnait plutôt bien pour un long métrage. Il reste à voir s’il tiendra la route sur plus qu’une saison en format télévisuel.

Le télé-crochet musical se joue de l’apparence de ses concurrents, du moins en partie, en laissant presque toute la place à leurs talents vocaux (The Voice et sa version locale La voix) ou en les affublant de costumes qui les rendent méconnaissables (Le chanteur masqué). Le nouveau concept de ce genre va un brin plus loin en donnant l’occasion à des chanteurs et chanteuses de divers horizons de se « réinventer », sous l’apparence de leur choix. En effet, les concurrents d’Alter Ego ne seront pas visibles sur scène. Ils seront représentés par des avatars qu’ils auront eux-mêmes choisis. Le panel de juges compte dans ses rangs les musiciennes canadiennes Alanis Morrissette et Grimes, et will.i.am.



Ordinary Joe
NBC et CityTv, lundi, 22 h

Alter Ego
Fox et CTV, mercredi, 22 h

À ne pas manquer

Un bureau pas ordinaire
 

La grande série française d’espionnage Le bureau des légendes créée par Éric Rochant, scénarisée et réalisée par une ribambelle de « signatures fortes », dont un certain Jacques Audiard, est enfin présentée de ce côté de l’Atlantique à une chaîne francophone. Après sa mise en ligne sur la plateforme Sundance Now, voilà que TV5 propose en diffusion classique, à raison d’un épisode par semaine, et en visionnement sur demande, les cinq saisons de ce thriller qui se déroule dans les coulisses du service de la Direction générale de la sécurité extérieure chargé des agents clandestins envoyés en mission à l’étranger. Un de ces agents est Guillaume Debailly, alias Malotru, alias… (Mathieu Kassovitz), un des personnages centraux de la série.



Le bureau des légendes
TV5, le dimanche 19 septembre, 19 h, et sur tv5unis.ca


À voir en vidéo