«…Moi non plus!»: sur la même longueur d’onde

Dans la comédie «... Moi non plus!», Catherine-Anne Toupin incarne Sarah Beaulieu, une politicienne de droite qui sera contrainte d’animer une émission de radio avec son pire ennemi, Christian Lamontagne, intello de gauche, interprété par Vincent Leclerc.
Photo: Eve B Lavoie Dans la comédie «... Moi non plus!», Catherine-Anne Toupin incarne Sarah Beaulieu, une politicienne de droite qui sera contrainte d’animer une émission de radio avec son pire ennemi, Christian Lamontagne, intello de gauche, interprété par Vincent Leclerc.

Avant de créer … Moi non plus !, Catherine-Anne Toupin trouvait qu’il manquait dans le paysage télévisuel québécois une comédie grand public divertissante, intelligente et pertinente où l’on aborderait différents sujets de société, tels que l’éducation, la santé et la désinformation. Après avoir visionné les trois premiers des dix épisodes de la série qui débute mardi soir sur Noovo, on peut affirmer que l’actrice et scénariste a rempli la commande.

Avec sa complice de Boomerang, Karina Goma, Catherine-Anne Toupin signe une comédie dramatique décapante et tonique, où elle incarne Sarah Beaulieu, une politicienne de droite qui sera contrainte d’animer une émission de radio avec son pire ennemi, Christian Lamontagne.

Interprété par Vincent Leclerc, cet intello de gauche vient de perdre sa case horaire au profit d’un humoriste populaire, Jean-François Baptiste (Frédéric Pierre). « On va apprendre à connaître Jean-François, promet Catherine-Anne Toupin lors d’un point de presse virtuel. Il va se révéler quelqu’un avec des propos articulés, intelligents, peut-être même plus intéressants que ceux de Christian ! La comédie est un moyen extraordinaire d’aborder des sujets délicats. Avec des répliques qui égratignent et des personnages qui manquent de nuances, ça nous permet d’adresser un petit message à des gens qui ne seraient pas nécessairement réceptifs à ce qu’on a à dire. »

« C’est aussi une façon de nous mettre en face de nos propres contradictions, poursuit Vincent Leclerc. On est pleins de grands principes, mais quand c’est le temps de mettre les choses en action, on branle un petit peu dans le manche. C’est l’une des choses qui m’ont attiré vers Christian. »

S’il y aura des flammèches en ondes, tous deux ayant un sens redoutable de la repartie et une bonne dose de mauvaise foi, Sarah et Christian découvriront qu’ils partagent des points communs.

« Plus la saison va avancer, plus ils seront confrontés aux conséquences de leurs actes, entre eux et auprès de leurs auditeurs. Et c’est là où ça rejoint un sujet d’une actualité criante, qui est la polarisation — et même la radicalisation — de beaucoup de gens à l’écoute de certains médias. C’est de ça qu’on a eu envie de parler, et je dois dire que l’actualité nous a rattrapées comme souvent la réalité dépasse la fiction », explique Karina Goma.

Face à face

Afin de mettre en scène cet univers effervescent où fusent d’hilarantes répliques assassines des deux côtés du ring, c’est à Charles-Olivier Michaud (Boomerang, M’entends-tu ?) qu’Encore Télévision a fait une fois de plus confiance. Et le résultat n’a strictement rien à voir avec Radio, série tristement célèbre pour l’abominable moumoute de Raymond Bouchard.

« Il y en a qui pensaient que les scènes de radio allaient être les plus difficiles à tourner, alors que c’est ça qui m’a attiré vers ce show-là, révèle le réalisateur, grand amateur de radio et de balado. Pour moi, c’était comme Le magicien d’Oz : on voit ce qui est derrière le rideau. C’est un média qui, étrangement, a peu souvent été présenté au cinéma et à la télévision au Québec — oui, il y a eu Radio enfer et ça, c’était bon ! Pourtant la radio fait partie de la culture : il y a le personnage d’Alan Partridge, la série NewsRadio, le film Talk Radio… »

Avec son titre évoquant une chanson bien connue de Serge Gainsbourg, … Moi non plus ! semble annoncer que la droite et la gauche se rencontreront au centre pour une romance tumultueuse. Or, Catherine-Anne Toupin et Karina Goma ont bien des tours dans leur sac.

« Comme grand consommateur de télévision, on comprend la mécanique d’une série, surtout dans la comédie d’une demi-heure comme Friends ou Seinfeld. Or, le show bascule vers autre chose… et moi-même, je n’avais pas vu ça souvent ! » s’exclame Charles-Olivier Michaud.

« La comédie restera grinçante, mais une trame de suspense va advenir, parce qu’on vit dans un monde dont il faut rire même s’il n’est pas toujours drôle », conclut Karina Goma.

 

… Moi non plus !

Noovo, mardi, à 19 h 30

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