​Sur vos écrans: nostalgie de X et de Y, et humour pour tous

Le personnage du journaliste à potins Jean-Guy, d'abord créé en ligne, passe au petit écran dans «Club Soly».
Photo: Noovo Le personnage du journaliste à potins Jean-Guy, d'abord créé en ligne, passe au petit écran dans «Club Soly».

Anniversaires de « jeunesse »

Les membres des générations X et Y (et ceux de l’entre-deux, parfois qualifiés de « xéniaux ») ont de quoi se sentir vieux cette semaine devant leur petit écran.

La chaîne câblée musicale américaine MTV a célébré ses 40 ans d’existence le 1er août dernier, à grand renfort de nostalgie de ce qu’elle fut jadis : une excellente source de découvertes musicales pour les jeunes mélomanes et un terreau fertile pour la création vidéo, qui a complètement modifié la façon dont on « consommait » la musique, jusqu’à ce que YouTube et les plateformes d’écoute en continu viennent changer la donne. Le documentaire MTV, la télévision d’une génération, version française d’un épisode de la série Biography,  intitulé « I Want my MTV », diffusé à A&E en septembre dernier, raconte l’histoire de cette télé musicale, à laquelle peu de bonzes de l’industrie télévisuelle croyaient au départ, à travers les témoignages de ses créateurs, de certains animateurs de ses débuts, et de vedettes qui s’y sont mieux fait connaître du grand public. L’exercice nostalgique bourré d’anecdotes plus ou moins légères n’évite pas pour autant la critique constructive sur les côtés moins reluisants de la chaîne, comme le trop peu de place faite aux artistes noirs et au hip-hop (d’ailleurs dénoncé jadis en ondes par un certain David Bowie…) et l’objectification des femmes (le plus souvent peu habillées) dans trop de vidéoclips.

Le 17 septembre 1991, Radio-Canada diffusait le tout premier épisode d’un feuilleton quotidien s’adressant aux adolescents, juste avant l’heure du souper. Watatatow, qui racontait les hauts et les bas de jeunes et moins jeunes ados, en naviguant habilement entre la comédie légère et le drame très dramatique, a gardé l’antenne pendant 14 ans. Pour souligner le 30e anniversaire de cette émission « complètement buzzante », le magazine franco-canadien Tournée générale, qui entame sa 4e saison, propose une édition spéciale où l’on pourra entendre les souvenirs, anecdotes et réflexion de plusieurs acteurs qui ont interprété certains des personnages les plus marquants (et les plus « durables ») de la série. Les vrais connaisseurs de Watatatow n’apprendront pas beaucoup de choses sur les dessous de la production trentenaire, mais ils éprouveront sans doute beaucoup de plaisir à retrouver les interprètes du couple « toxique » d’Émilie et Chicoine (Élyse Aussant et Fabien Dupuis) et la mère et la fille Couillard (Carole Chatel et Karine Pelletier) raconter des anecdotes de plateau (et parfois hors plateau…) et à entendre la chanteuse Sara Dufour, qui a également été de la distribution de l’émission pendant trois ans, offrir une version particulièrement allumée de l’iconique chanson du générique. De quoi vouloir replonger dans la série, dont quelques épisodes de la 7e saison sont diffusés tout de suite après…

 

MTV, la télévision d’une génération
Crave, dès le 13 septembre  

Tournée générale Watatatow: 30 ans plus tard
Unis, vendredi, 20 h
 

Soly et compagnie

L’humoriste Arnaud Soly a élargi son public durant la pandémie grâce à ses courts sketchs « à personnage » ou parodiques déposés sur sa chaîne YouTube. Ses abonnés ne seront pas dépaysés par ce passage au petit écran « conventionnel » puisque Club Soly s’annonce de la même eau, à la différence près qu’il sera un peu plus entouré… Les collègues comiques Katherine Levac, Virginie Fortin, Pierre-Yves Roy-Desmarais, Richardson Zéphir, Anas Hassouna et Julien Corriveau (également coscénariste) se joignent à lui dans cette partie de rigolade où il fera renaître certains de ses personnages phares (dont le journaliste à potins prénommé Jean-Guy), tout en tentant de coller à l’actualité ambiante. Ça ne devrait pas être plate.

 

Club Soly
Noovo, lundi, 19 h 30 

Le visionnement de la semaine

La troisième saison de la comédie adolescente britannique Sex Education, toujours aussi tendre et percutante, drôle et pertinente, ressemble fort à un dernier tour de piste… Le dénouement des aventures d’Otis, Eric, Maeve et compagnie pourrait très bien constituer le point final de ce projet télévisuel qui a fait oeuvre utile auprès de plusieurs ados (et de leurs parents) qu’on n’en voudrait pas une miette à sa créatrice Laurie Nunn, dont on espère d’autres créations aussi inspirées.



Éducation sexuelle, saison 3
Netflix, dès le 17 septembre

À ne pas manquer

La fin des hommes?
 

Et si, du jour au lendemain, tous les mammifères porteurs du chromosome Y (même les embryons !) de la planète devaient disparaître, est-ce qu’un monde mené et organisé par et pour les femmes serait meilleur, plus pacifique ? C’est un peu la question que pose cette adaptation télévisuelle d’une série de bandes dessinées, créée par Brian K. Vaughan et Pia Guerra, qui dépeint un monde postapocalyptique, ravagé par cette disparition de masse à laquelle ont échappé Yorick Brown (Ben Schnetzer), un pro de l’évasion, et son singe capucin. Diane Lane incarne la mère de ce rescapé, mais aussi la présidente par intérim des États-Unis dans cet univers plus violent et sans pitié qu’on pourrait l’imaginer.



Y: Last Man on Earth
FX Canada, lundi, 22 h


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