«Moonshine»: sauvetage familial

Scène tirée de la télésérie «Moonshine»
Photo: CBC Scène tirée de la télésérie «Moonshine»

Depuis le succès public et critique international de la comédie Schitt’s Creek, on accueille avec un peu plus de sérieux les fictions lancées par la CBC. Est-ce que ce sera le cas pour Moonshine, une comédie dramatique à l’humour noir, qui dépeint un autre clan dysfonctionnel et délicieusement détestable dans un coin perdu du Canada ? C’est ce qu’on souhaite à cette série créée par Sheri Elwood (Call me Fitz) qui, sous ses airs vaudevillesques, déploie une galerie de personnages fort attachants, bien plus complexes qu’ils n’y paraissent et un suspense presque crédible (pour une comédie).

On suit les aventures de la famille Finley-Cullens, dont les parents, des hippies éternels au bord de la retraite, sont propriétaires d’un centre de villégiature estival passablement délabré sur la côte sud de la Nouvelle-Écosse. Plus pour très longtemps, comprend-on dans le premier épisode. Les deux filles aînées et rivales, Lidia, la « bourgeoise » qui revient cocue de New York avec ses ados gâtés, et la travaillante, malheureuse (et aussi cocue) Rhian, qui s’occupe de l’entreprise familiale depuis toujours, se disputent l’héritage empoisonné que constitue ce repère de vacanciers baba cool qui tombe en ruine.

Le reste de la fratrie, tout aussi paumée, assiste (et participe parfois involontairement) à cet affrontement empirant la situation financière de l’entreprise, qui fait également l’objet de sombres tractations… À moins qu’une improbable solidarité familiale vienne changer la donne. C’est la grâce qu’on leur souhaite à mesure qu’on enchaîne les épisodes de ce plaisir pas trop coupable.

Moonshine

CBC, mardi, 21 h



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