​Sur vos écrans: dépoussiérer, pour le mieux?

La chanteuse pop Camila Cabello incarne pour son baptême cinématographique une princesse déshéritée dans «Cendrillon».
Photo: Kerry Brown La chanteuse pop Camila Cabello incarne pour son baptême cinématographique une princesse déshéritée dans «Cendrillon».

Trouver son bonheur, sous la poussière

La seule nouvelle série originale d’Historia diffusée cet automne fait référence à la petite et la grande histoire d’ici, contrairement à bien des émissions qui sont diffusées depuis quelques années, même si elle emprunte quelques « plis » de cette programmation axée sur le marchandage, la récupération et les gros moteurs… Dans Perdu dans la poussière, on suit deux antiquaires québécois qui font équipe depuis une quinzaine d’années pour dénicher des objets chargés d’histoire ayant une valeur de revente ou un potentiel de coup de cœur pour des collectionneurs.

Paul Harvey et Armand Cellard vont justement chez des collectionneurs prêts à leur ouvrir les portes de leurs quartiers, parfois poussiéreux et désorganisés, pour y trouver des trésors et les acquérir, pour leur propre plaisir ou pour les vendre. Les compères, le premier qui joue au négociateur, et le second, plus au fait de la teneur historique des objets et des moyens pour les remettre en valeur, tentent de mettre la main sur quelques pièces qui méritent le détour. 

 La série, passablement axée sur l’exploration des collections et le jeu de négociation des antiquaires, gagne en intérêt dans les segments, inégaux, consacrés à l’histoire des objets convoités. Le premier épisode, chez un collectionneur de camions de pompiers, est en cette matière un peu décevant. Mais le deuxième, qui dresse un portrait fascinant de l’histoire de l’immatriculation au Québec, laisse espérer que le reste de la série saura assouvir la curiosité des amateurs de petite et de grande histoire.



Perdu dans la poussière
Historia, mardi, 21 h
 

On soulève aussi beaucoup de poussière dans la nouvelle production mettant en vedette la gourou du rangement Marie Kondo. Après avoir convaincu des hordes de téléspectateurs de faire un grand ménage dans leurs placards avec L’ordre des choses, la reine du minimalisme matériel et du pliage pratique, qui a aidé des familles désemparées et désordonnées à trouver la félicité, applique sa méthode auprès d’entrepreneurs qui souhaitent mieux concilier réussite professionnelle et vie personnelle.

Ceux qui ont aimé la série qui l’a révélée au grand public (et qui n’ont pas trop tiqué quand elle a ouvert sa boutique en ligne vendant toutes sortes d’accessoires de rangement) trouveront sans doute leur bonheur dans ces trois épisodes, qui suivent le même modèle, en offrant quelques timides incursions dans la vie privée de la vedette du ménage. Les autres pourront passer allègrement…



L’étincelle du bonheur, avec Marie Kondo
Netflix, dès mardi
  

Dépoussiérer des classiques

Des classiques de la littérature jeunesse ont droit à une nouvelle vie télévisuelle, pour séduire une nouvelle génération et faire râler un peu les parents. Dans le cas des Schtroumpfs 3D, les plaintes risquent d’être bien minces. Il faut dire que cette nouvelle série d’aventures télévisuelle des petits hommes (et la femme) bleus créés en 1958 par Peyo ne joue pas trop d’audace, mais juste assez pour rallier petits et grands.

Outre l’animation 3D, déjà présente dans le long métrage américain Les Schtroumpfs et le village perdu, qui donne un peu de volume aux personnages, cette nouvelle fournée schtroumpfienne, qui a l’imprimatur de la succession de Peyo produite par Dupuis, offre des intrigues jouant un peu moins sur les stéréotypes de genre et les détourne d’une belle façon. Ainsi, dans les premiers épisodes, on verra le Schtroumpf costaud complexé par son nez et la Schtroumpfette en professeure d’arts martiaux. Autrement, les enfants d’antan qui ont été bercés par la version télé des années 80, tout droit sortie des studios Hanna-Barbera, ne seront pas trop dépaysés…



Les Schtroumpfs 3D
Télé-Québec, samedi et dimanche, 9 h
  

La nouvelle relecture musicale du conte de Perrault Cendrillon, dont on ne compte plus les versions modernes ou non, plaira sans aucun doute aux plus jeunes, sans laisser leurs aînés sur le carreau. C’est du moins ce que laissent présager les courts extraits disponibles de ce film musical écrit et réalisé par Kay Cannon (Pitch Perfect, Blockers) racontant l’histoire d’une Cendrillon d’époque, avec des ambitions professionnelles d’aujourd’hui.

La chanteuse pop Camila Cabello incarne pour son baptême cinématographique une princesse déshéritée, toujours au service de sa méchante belle-mère — incarnée par la voix d’Elsa dans la Reine des neiges, Idina Menzel —, qui espère devenir une designer de mode prospère. Le prince charmant, que ses parents royaux (Pierce Brosnan et Minnie Driver) espèrent bien pouvoir « caser » lors d’un bal, est toujours dans le décor, tout comme la fée marraine, ici non genrée sous les bons services du flamboyant Billy Porter (Poses), prête à faire briller sa protégée, peu importe ses ambitions. Les adeptes du dessin animé classique de Disney ne seront pas en reste grâce à des clins d’œil visuels à la version qui a établi le canon, aujourd’hui un peu retouché.



Cendrillon
Prime Video, dès le 3 septembre

À ne pas manquer

Billie Eilish étrenne son album sur scène
 

Un peu plus d’un mois après la sortie de son deuxième opus, Happier Than Ever, la musicienne, chanteuse et sensation pop Billie Eilish étrenne son album. Elle le livre dans son intégralité sur scène — du Hollywood Bowl, rien de moins ! — et sur petit écran avec la complicité de son frère Finneas O’Connell et du Philharmonique de Los Angeles, sous la direction de Gustavo Dudamel. Ce spectacle pas ordinaire réalisé par Robert Rodriguez (Sin City) et Patrick Osborne comprend quelques séquences d’animation mettant en scène la jeune vedette dans sa ville natale et ses lieux les plus emblématiques.



Happier Than Ever : une lettre d’amour à Los Angeles
Disney+, dès le 3 septembre


À voir en vidéo