«Obama: In Pursuit of a More Perfect Union»: ni tout blanc ni tout noir

Fort de sa conclusion touchante, des discours inspirants du président et de certains autres moments marquants ici et là, «Obama : In Pursuit of a More Perfect Union» comporte toutefois de nombreuses longueurs. Bien que l’homme possède une grande histoire qui mérite qu’on s’y attarde, l’angle de l’ethnie est si précis que certaines scènes s’étirent et se répètent.
Photo: Pete Souza Fort de sa conclusion touchante, des discours inspirants du président et de certains autres moments marquants ici et là, «Obama : In Pursuit of a More Perfect Union» comporte toutefois de nombreuses longueurs. Bien que l’homme possède une grande histoire qui mérite qu’on s’y attarde, l’angle de l’ethnie est si précis que certaines scènes s’étirent et se répètent.

Plusieurs se souviennent de la soirée électorale qui a mené Barack Obama à devenir le 44e président des États-Unis. Plus nombreux encore sontceux qui se rappellent les discussions que cette élection a engendrées les jours qui ont suivi : « Je n’aurais jamais pensé voir ça de mon vivant. »

Une phrase répétée de multiples fois sous différentes déclinaisons, souvent par ceux qui avaient déjà vécu plus d’une dizaine d’élections américaines. Les conversations s’animaient à propos de la couleur de la peau du nouveau représentant américain, celle-ci étant noire. Une première dans l’histoire du pays.

Le documentaire s’articule autour de cette idée, soit celle de la « race », ou devrait-on plutôt dire de l’ethnie. Un enjeu qui a marqué la vie tant personnelle que professionnelle de ce politicien, et souvent malgré lui. Non pas que Barack Obama ne fût pas fier de ses racines kényanes ; seulement, celles-ci ne constituaient pas l’ensemble de son identité, comme il le mentionne au cours de la série.

La production de HBO se décline en trois parties afin de retracer le récit de celui qui aura marqué l’histoire de son pays pour de multiples raisons. L’œuvre qui dure cinq heures dans son ensemble s’attarde — parfois trop — à chaque grande étape de la vie de l’ancien sénateur de l’Illinois.

L’œuvre est construite selon la chronologie de la vie d’Obama et débute ainsi avec son enfance. Le couple interracial que formaient ses parents est rapidement abordé à l’écran : une mère blanche issue du Kansas et un père noir kényan. Puis, il est question de l’école, de son engagement et de son déménagement à Chicago, tournant majeur pour celui qui y fera du travail social, notamment auprès de communautés afro-américaines défavorisées. Est ensuite présenté l’ensemble de ses ascensions politiques, jusqu’à la fin de son second mandat en 2016.

Fort de sa conclusion touchante, des discours inspirants du président et de certains autres moments marquants ici et là, Obama : In Pursuit of a More Perfect Union comporte tout de même de nombreuses longueurs. Bien que l’homme possède une grande histoire qui mérite qu’on s’y attarde, l’angle de l’ethnie est si précis que certaines scènes s’étirent et se répètent.

À ne pas s’y tromper : on trouve aussi des pépites dans la série documentaire, notamment celle portant sur l’histoire du nom du président. Se lançant plus concrètement en politique au début des années 2000 et dans le but de ne pas faire fuir de potentiels électeurs, Obama se fait suggérer de reprendre son surnom d’adolescent, Barry. Il avait délaissé ce dernier une vingtaine d’années plus tôt, lors de la mort de son père, Barack Obama Sr, au profit de son nom de baptême, Barack. Il refuse alors, expliquant qu’il fera campagne en son nom, sans quoi il ne se lancera simplement pas.

La production américaine est allée chercher des intervenants pertinents, tels que d’anciens collègues de classe, une ancienne copine, des conseillers politiques, des rivaux, etc. Il manque toutefois deux morceaux cruciaux qui ont été comblés tant bien que mal par des archives : Barack et sa femme Michelle. Choix éditorial ou impossibilité de les avoir ? Difficile à dire, mais leur absence ne passe pas inaperçue. Celle-ci est remplacée par des entrevues réalisées au fil des années : un travail de recherche colossal, mais qui cache le manque d’une trame rétrospective qui aurait été plus que bienvenue.

Bien que trop élogieux et univoque, le documentaire de HBO amène un point de vue unique et qui a été central dans la vie et la carrière d’Obama. Celui-ci a longtemps été perçu comme trop blanc pour les Afro-Américains, mais trop noir pour les Caucasiens. Après cette série, il est évident qu’il ne voulait pas être plus un que l’autre. Il voulait être les deux. L’union qu’il cherchait à créer au sein de son pays, c’est celle qu’il a depuis toujours incarnée.

Obama: In Pursuit of a More Perfect Union

★★★

HBO, 21 h



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