​Sur vos écrans: sexualité cauchemardesque

Jeffrey McCall dans «Pray Away»
Photo: Netflix Jeffrey McCall dans «Pray Away»

Vouloir s’oublier

Bientôt bannies au Canada grâce au projet de loi C-6, les thérapies de conversion ont causé d’énormes dommages au cours des dernières décennies. Le documentaire Pray Away, signé Netflix, propose de s’attarder à ce concept par le biais d’ex-ex-gais, comme certains se proclament. Ce sont des homosexuels qui ont déclaré avoir changé d’orientation grâce aux thérapies pour finalement assumer leur réelle orientation.

Fort de ces témoignages, le documentaire raconte l’histoire de la naissance de ces thérapies jusqu’à aujourd’hui. Le fil narratif du récit est bien écrit et permet au public de comprendre les mentalités tout comme l’aspect religieux qui englobe cette pratique et motive les associations de conversion.

L’œuvre présente de nombreuses personnes qui étaient influentes au sein de ces mouvements et qui sortent aujourd’hui pour décrier la fraude que ces organisations constituent. À une exception près, l’ensemble des intervenants explique la douleur qu’amènent ces thérapies : le fait de croire qu’être soi-même n’est pas suffisant. Très touchant, le documentaire dresse un portrait exhaustif qui permet de mieux comprendre le passé douloureux de la communauté LGBTQ+.



Pray Away
Netflix, dès le 3 août
 

Tombée dans le piège

NXIVM est bien plus qu’une série de lettres : il s’agit d’une secte américaine qui s’est livrée pendant de nombreuses années à du trafic sexuel. Un documentaire en quatre parties diffusé à Télé-Québec propose des archives, dont certaines inédites, en plus de témoignages percutants. Le principal est celui d’India Oxenberg, fille de l’actrice Catherine Oxenberg qui a fait partie de cette organisation pendant sept ans.

Bien que les récits d’India et des autres esclaves sexuelles soient assez sensationnels en eux-mêmes, le documentaire fascine davantage par son décryptage des méthodes d’enrôlement de la secte. Contrairement à l’idée simpliste selon laquelle il faut être naïf pour s’engager dans pareille activité, la série explique comment tout a été pensé et mis en place afin de soigneusement sélectionner et manipuler les malheureux élus.

Par ailleurs, la quantité phénoménale de célébrités impliquées dans cette secte frôle le surréel, autre élément ajoutant à l’attrait du reportage. Celui-ci tombe à point nommé au moment où Allison Mack, connue pour son rôle de Chloe Sullivan dans Smallville de 2001 à 2011, a été condamnée à trois ans de prison en juin dernier pour sa participation à la secte DOS, liée à NXIVM.



NXIVM : sexe, mensonges et manipulations — L’accroche
Télé-Québec, le 2 août, 20 h
 

Discriminée, presque tuée

Ce reportage en deux parties vise àraconter la triste histoire de Moka Dawkins, une travailleuse du sexe trans qui a été emprisonnée pour homicide involontaire. Le documentaire souhaite aussi mettre en lumière les difficultés auxquelles doivent quotidiennement faire face les travailleuses du sexe ainsi que la communauté LGBTQ+.

Entre les reconstitutions sanglantes et les témoignages emplis d’émotions de Moka, difficile de ne pas visualiser la scène. C’est la nuit à Toronto en 2015 et l’ancienne Montréalaise est appelée par un client habituel à qui elle décide de rendre visite. Celui-ci devient violent et l’agresse à l’arme blanche. Moka réussit à s’emparer de l’arme et réplique, ce qui lui vaudra par la suite une condamnation et plusieurs années de prison.

Bien que l’histoire de cette femme trans ne prenne que quelques minutes à lire sur la Toile, son récit vidéo ponctué de commentaires, de témoignages et de statistiques troublantes vaut la peine qu’on s’y attarde. Loin d’être léger, ce reportage se sert de l’histoire de Moka afin de dévoiler la terrible discrimination (transphobie et putophobie) qui règne dans nos institutions tout comme dans nos rues. Un douloureux rappel que l’équité est loin d’être atteinte et que la haine coûte la vie à de trop nombreuses personnes.



Meurtres improbables : survivre de justesse, partie 1
RDI, le 2 août, 20 h (Partie 2 le 9 août)

À ne pas manquer

Six décennies en 109 minutes
 

L’acteur américain Val Kilmer, notamment connu pour ses rôles principaux dans Top Gun (1986) et Batman à jamais (1995), a récemment décidé qu’était venu le temps de raconter son histoire. Après un combat contre un cancer du larynx diagnostiqué en 2015, l’interprète de Bruce Wayne a sorti de ses vieilles boîtes plus de 40 ans d’archives. Comme il a désormais d’énormes difficultés vocales, son fils narre l’œuvre qui retrace sa vie, de ses plus jeunes années jusqu’à aujourd’hui.



Val
Prime Video, dès le 6 août



À voir en vidéo