Formats familiaux

Une large part de cette série rythmée par de courtes scènes et d’amusants sauts en avant imaginés par les parents se déroule chez Nadine (Mélissa Désormeaux-Poulin) et Kamyar (Mani Soleymanlou), parents de quatre enfants, dont un fils asperger, âgés de 8 à 17 ans.
Photo: Bertrand Calmeau Une large part de cette série rythmée par de courtes scènes et d’amusants sauts en avant imaginés par les parents se déroule chez Nadine (Mélissa Désormeaux-Poulin) et Kamyar (Mani Soleymanlou), parents de quatre enfants, dont un fils asperger, âgés de 8 à 17 ans.

Que l’on soit parent ou non, on se retrouve sans peine dans Survivre à ses enfants tant le joyeux bordel qui y règne nous rappelle avec bonheur La galère, Les Parent et Dans l’œil du cyclone. Vous savez, ce genre de comédie pétillante à l’humour acidulé où les parents ne savent plus où donner de la tête face à leur marmaille trop futée.

Père de quatre enfants, Jean-François Léger (Mes petits malheurs) n’a pas eu à chercher très loin pour créer les trois familles de Survivre à ses enfants.

« Je me suis dit qu’il faudrait bien que je rentabilise cette erreur dans ma vie, confiait l’auteur lors d’un point de presse virtuel tenu mardi. Ce qui a aussi déclenché l’idée de cette série, c’est le fait que le regard sur la parentalité est rendu de plus en plus exigeant, de plus en plus difficile. Depuis à peu près 2000 ans, le rôle d’un parent, c’est de nourrir son enfant et de lui donner un toit. Depuis les 20 dernières années, on est devenu leur coach. Maintenant, il y a des cours de parentalité, c’est devenu un métier hyperdifficile. »

D’après les quatre premiers des treize épisodes présentés à la presse mardi, une large part de cette série rythmée par de courtes scènes et d’amusants sauts en avant imaginés par les parents se déroule chez Nadine (Mélissa Désormeaux-Poulin) et Kamyar (Mani Soleymanlou), parents de quatre enfants, dont un fils asperger, âgés de 8 à 17 ans. Chaque fois qu’un de leurs enfants souhaite ajouter une activité à son agenda, tous deux craignent de ne plus avoir de temps libre ou de ruiner l’avenir de leur progéniture.

« À chaque microdécision qu’on prend avec ses enfants, on a l’impression que c’est la mauvaise et que c’est là qu’on a “scrappé” ses enfants pour la vie. Avec ma blonde, on a un running gag, on se dit toujours : “bon, l’argent qu’on a mis de côté pour les études, ça ira en psychothérapie”. On est toujours à une mauvaise décision près de faire de son enfant un tueur en série. Cette espèce de culpabilité là, c’est un peu l’idée de base de la série. Ce qui nous permet de passer au travers de toutes ces multiples difficultés-là, c’est l’amitié durable. C’est un petit peu ça que je voulais refléter dans Survivre à ses enfants », explique Jean-François Léger.

Les copains d’abord

Aux côtés de Nadine et Kamyar, on retrouve Annie (Catherine Bérubé) et Philippe (Mickaël Gouin), qui apprivoisent les joies et les angoisses de la parentalité avec leur fils de 12 mois et demi qui ne marche pas encore. Les choses iront en se corsant lorsque madame devra le laisser à la garderie et retourner au travail.

Sur le point d’emménager avec Stéphanie (Marie-Ève Perron), sa blonde policière, Josée (Anna Beaupré Moulounda) partage la garde de sa fille Mégane (Emma Lafrenière) avec son ex, Daniel (Maxime Denommée), qui digère de travers d’avoir été remplacé par une femme. Les soupers organisés chez Nadine et Kamyar n’étant déjà pas reposants, on craint déjà l’anniversaire de Mégane, adorable petite peste.

Riche de son expérience à la télévision et au cinéma, Louise Archambault (Gabrielle, La galère, Trop) s’avérait la personne idéale pour faire régner l’ordre sur le plateau : « Je suis fan de créer des familles à l’écran. On a envie de croire aux personnages autant à l’écran que sur un plateau de tournage, d’avoir de vraies rencontres entre acteurs, c’est-à-dire que chaque acteur, chaque actrice ait un réel intérêt de rencontrer l’autre, d’être généreux. C’était palpable sur le plateau, où il y a d’ailleurs eu beaucoup trop de fous rires ! »

Tournée l’automne dernier, au moment où les tournages reprenaient, Survivre à ses enfants bénéficie, selon la réalisatrice, du plaisir qu’ont eu les artisans et les acteurs à renouer avec leur métier.

À chaque microdécision qu’on prend avec ses enfants, on a l’impression que c’est la mauvaise et que c’est là qu’on a “scrappé” ses enfants pour la vie. Avec ma blonde, on a un "running gag", on se dit toujours : “bon, l’argent qu’on a mis de côté pour les études, ça ira en psychothérapie”. On est toujours à une mauvaise décision près de faire de son enfant un tueur en série.

 

« Pour moi, il y avait aussi le plaisir de travailler avec des acteurs moins connus, des enfants, et de pouvoir créer cette chimie-là, se souvient Louise Archambault. Je me raccrochais beaucoup à Jean-François parce qu’il y a plein de situations qui viennent de sa vraie vie, et donc, pour nous et les acteurs, c’est très nourrissant. On dit que les documentaires sont plus grands que la fiction, mais d’aller piger dans le réel nous a permis d’avoir cette brèche de vérité. »

Si ce genre de série peut être une thérapie pour les parents et un exutoire pour les non-parents, pourrait-il faire effet de contraceptif pour ceux qui hésiteraient encore à s’embarquer dans l’aventure ?

« De mon point de vue, ce n’est pas une vision difficile, ni pénible, ni dramatique, c’est plus une vision comique. Il y a presque une filiation avec Mes petits malheurs qui traitait des malheurs vus par l’enfant, mais là, c’est les malheurs vus par les parents. Au bout du compte, c’est feel good, c’est fait pour avoir un regard bienveillant sur la famille. Pour moi, l’amitié entre les personnages principaux, c’est aussi une espèce de bombe sur toute cette période-là qu’on trouve difficile, mais qui est la plus belle période. Maintenant que mes enfants ont 18, 19, 20 et 21 ans, c’est un peu plate. C’est plus facile, mais moins stimulant », conclut Jean-François Léger.
 

Survivre à ses enfants 

Sur l’Extra de Tou.tv, dès le mardi 22 juin

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