«Loto-Méno»: les bons mots à la bonne place

L’actrice, animatrice et productrice Véronique Cloutier
Photo: Radio-Canada L’actrice, animatrice et productrice Véronique Cloutier

L’avertissement qui s’affiche enouverture de la minisérie Loto-Méno est en soi un poème : « Cette série pourrait ne pas convenir à un certain public », il y sera question « de sang, de sexe, de sueur, d’hormones et de crises de larmes ». La boutade circonscrit parfaitement l’espace dessiné ici par Véronique Cloutier. En levant le voile sur son parcours douloureux, celle-ci offre en effet une réflexion d’une franchise salutaire sur la ménopause et la périménopause, sujets tabous souvent contestés jusque dans les cabinets médicaux.

Frontale, l’actrice, animatrice et productrice met les mots justes sur tout ce qu’on cache, nie ou minimise pendant ce passage, que ce soit dans la sphère intime ou publique. Son honnêteté empreinte d’humour et de dérision sert de passerelles à celles (et un peu à ceux) qui témoignent ou documentent sa quête. Une quête qui n’est pas une enquête, prendra bien soin de préciser Véronique Cloutier, en s’assurant çà et là, d’insérer des capsules récapitulatives fort utiles pour solidifier sa démarche.

C’est ainsi qu’au bout de trois épisodes, le chemin de croix deviendra un parcours de combattante cristallisé autour de l’hormonothérapie bio-identique, une thérapie qui n’est pas remboursée au Québec. Chemin faisant, Véronique Cloutier convoque des sommités de même que des décideurs, dont le tout-puissant Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS). Le tout est diablement bien ramassé par la réalisatrice Marisol Aubé qui a su préserver le caractère intime et profondément humain se dégageant de ce percutant exercice.

 

Loto-Méno

Sur l’Extra de Tou.tv, dès le 21 juin

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