«Le cap des manchots»: les petits pieds de la survivance

Netflix

L’invasion de Simon’s Town, en Afrique du Sud, commence en novembre, par vagues. Les manchots du cap qui y trouvent refuge chaque année ont six mois pour y accomplir leurs destinées : muer et se reproduire. Et ça urge, car ils ne sont plus qu’un millier de couples pour assurer la suite de leur petit monde en extinction. C’est cette course folle que capture avec tendresse l’amusante série animalière Le cap des manchots (V.F. de Penguin Town).

Assumant pleinement ses visées tous publics, la série emprunte un peu à l’esprit de La marche de l’empereur, touchant film de Luc Jacquet sur le combat d’une famille de manchots empereurs pour sa survie dans un coin reculé, sublime et hostile de l’Antarctique. Les éléments, ici, sont caniculaires, mais pas moins menaçants. On en prend la mesure en s’attachant aux Bougainvilliers qui, à douze ans, en comptent quasi autant de vie commune, des Caniveau, un ménage fraîchement formé encore en apprentissage, et de Junior, le jeunot en crise perpétuelle.

Ce format choral place bien le quotidien de ces manchots aux yeux cernés de rose, tout en laissant filer çà et là des infos de toutes sortes, jusqu’à des leçons de vocabulaire — dans l’eau, les manchots forment une ribambelle, sur terre, un dandinement — gracieuseté de l’équipe de contrôleurs scientifiques. Narrée avec un plaisir communicatif par l’acteur, auteur et humoriste Patton Oswalt (Ratatouille, King of Queens, Veep), cette série de huit épisodes adopte un ton plus gaillard en français, Damien Ferrette tranchant avec l’énergie originale, un brin plus tendre que la sienne.


 

Le cap des manchots (V.F. de Penguin Town)

Netflix, dès le 16 juin



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