​Sur vos écrans: à la rescousse

Sandra Dorélas et Cindy Charles dans une scène de «Ainsi va Manu»
Photo: Luve Films Sandra Dorélas et Cindy Charles dans une scène de «Ainsi va Manu»

Webséries de filles

La plateforme Tv5unis.ca lance le même jour deux webséries de fiction qui n’ont à peu près rien en commun, sinon que ces comédies dramatiques mettent en scène des personnages de jeunes femmes qui tentent par tous les moyens, plus ou moins efficaces, de pouvoir rentrer au bercail, ou à tout le moins de le « sauver ».

Dans la culture LGBTQ+, l’expression « U-Hauling » est utilisée pour désigner le fait que deux amoureuses de fraîche date emménagent très rapidement ensemble. C’est également le titre de la première série de Danika Vermette, qui raconte les lendemains désenchantés d’une rupture entre Jeanne et Iris, cette dernière se retrouvant à la rue… On suit au fil des six épisodes les tentatives maladroites d’Iris pour recoller les pots cassés et retrouver sa place dans le cœur (et l’appartement) de Jeanne, alors qu’elle « surfe » d’un divan d’ami à un autre, non sans provoquer quelques heurts qui ne l’aident pas dans sa quête. Cette histoire de cœurs et d’amitiés malmenés s’avère particulièrement touchante quand elle montre son héroïne (incarnée par Jasmina Parent) dans toute sa vulnérabilité de conquérante déçue. Une petite heure fort agréable.

On passe également une heure plutôt plaisante avec Manu (Cindy Charles), une adolescente franco-ontarienne de Toronto qui habite avec sa maman nouvellement veuve et son petit frère dans un logement, pas parfait mais pas loin, dont ils seront bientôt expulsés, comme tous leurs voisins, victimes d’une « rénoviction ». Avec l’aide de ses proches, la jeune femme tente trouver des moyens d’éviter cette catastrophe qui forcerait la famille à quitter la Ville Reine pour un coin de pays plus « abordable ». Cette websérie de Josiane Blanc (Contes d’une grossophobie ordinaire), qui s’adresse principalement à un public jeunesse, aborde d’abord avec une certaine légèreté un sujet aussi grave que la crise du logement, puis gagne en profondeur et en pertinence dans son exploration des tenants et aboutissant de cette lutte, malgré une conclusion cousue de fil blanc.



U-Hauling et Ainsi va Manu
Tv5unis.ca, dès le 4 juin 
 

Unité d’exception

Voilà une série documentaire policière qui risque d’interpeller un public un peu différent de celui qui fréquente habituellement ce genre de production, d’abord et avant tout pour son sujet : on y suit le quotidien des policières (et des policiers, moins nombreux que leurs collègues féminines) qui œuvrent au sein de l’unité spécialisée en crimes sexuels au Service de police de la Ville de Montréal.

Photo: Crave «SAS: Section agressions sexuelles», série documentaire policière

La docuréalité en huit épisodes suit le canevas habituel des séries de « métier », en présentant les différentes facettes du travail de cette unité à travers de nombreux cas. Elle se distingue toutefois par sa facture visuelle et sa réalisation plus sobre que les productions du genre, et surtout par la nature même des interventions et des enquêtes qui sont menées, qui nécessitent des enquêteurs — tous très généreux devant la caméra — un doigté particulier, tant auprès des victimes et des témoins que des accusés et des coupables repentis susceptibles de récidiver. Une série qui bouleverse par moments et qui répond à bien des interrogations sur le traitement des plaintes pour agression sexuelle.



SAS : Section agressions sexuelles
Crave, les 4 premiers épisodes diffusés le 4 juin, et les suivants les 11 et 18 juin 
 

Thriller diplomatique

On se demande si c’est un hasard de programmation ou un choix délibéré de mettre en ligne ces jours-ci ce téléfilm « de luxe », une adaptation d’une pièce à succès racontant les négociations israélo-palestiniennes peu communes, orchestrées par un couple de diplomates norvégiens, et qui ont mené aux Accords d’Oslo en 1993. Quoi qu’il en soit, cet Oslo, qui ne s’éloigne pas tellement de sa forme théâtrale, tant dans la réalisation que dans le jeu, au demeurant fort juste, d’une distribution dominée par Ruth Wilson et Andrew Scott, nous rappelle qu’il a été possible un jour de trouver une voie vers la paix pour des ennemis irréconciliables. Et pour ça, il vaut largement le détour.



Oslo (V.O.A.)
Crave, dès samedi, 21 h, et en version française sur Crave et à Super Écran dès le 24 juin   

À ne pas manquer

Continuer à faire le lien

Christian Bégin retourne dans un théâtre Paradoxe un peu rafraîchi mais toujours sans public pour une cinquième saison d’entrevues de fond avec des invités généreux, qui ont encore tous un lien que le public doit découvrir. Pour la première, il reçoit Sœur Angèle, Patrick Huard, Richardson Zéphyr et la psychiatre Karine Igartua, et Lulu Hughes poussera la note en compagnie des fidèles choristes de l’émission.

Y’a du monde à messe
​Télé-Québec, le vendredi 4 juin, 21 h

 

 



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