«Tulsa: The Fire and the Forgotten»: des mots pour dire le pire

DeNeen Brown, journaliste au «Washington Post», observe la deuxième excavation de charnier au cimetière Oaklawn de Tulsa.
Photo: Saybrook Productions Ltd. DeNeen Brown, journaliste au «Washington Post», observe la deuxième excavation de charnier au cimetière Oaklawn de Tulsa.

Tulsa, les 31 mai et 1er juin 1921. Deux jours de pure terreur, parfois chuchotés, mais la plupart du temps niés, absents jusque dans les manuels scolaires. Il faudra attendre 1996 pour qu’une enquête soit lancée afin de mettre des mots sur la flambée de violence raciale qui a embrasé le quartier florissant de Greenwood il y a 100 ans, réduisant en cendres celui qu’on surnommait le Black Wall Street. Tulsa : The Fire and the Forgottenraconte ces pages sombres de l’histoire états-unienne connues désormais comme le Massacre de Tulsa.

On a encore du mal à mesurer cette folie meurtrière qui aurait brutalement fauché entre 100 et 300 vies. Un héritage toxique qui contamine toutes les sphères de la vie dans cette populeuse ville de l’Oklahoma, croit Nicole Austin-Hillery de Human Rights Watch. L’experte plaide pour un vrai travail de réconciliation et de réparation. Là-bas, comme pour tout le pays. « Tulsa est un microcosme de ce que nous pouvons voir aux quatre coins des États-Unis, spécialement là les injustices raciales font partie intégrante du système […]. C’est un cancer, qui colore tout. »

Or, « les histoires ont du pouvoir, et si on arrive à les raconter, elles peuvent changer le futur. Et même guérir », avance la reporter au Washington Post DeNeen L. Brown, qui fait ici équipe  avec le réalisateur Jonathan Silver. Ceux-ci misent sur une approche sobre alliant faits et témoignages d’experts, de décideurs, de survivants et de descendants des victimes. Ce faisant, ils accomplissent un admirable travail pédagogique, dressant des ponts fragiles mais essentiels.

 

Tulsa : The Fire and the Forgotten

PBS, le lundi 31 mai, 21 h ; en reprise sur PBS Video



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