​Sur vos écrans: l’art de durer

La spéciale des 20 ans de «Sucré salé»,
avec les deux animateurs du
magazine culturel depuis sa
mise en ondes, Patrice Bélanger
(devant) et Guy Jodoin
Photo: TVA La spéciale des 20 ans de «Sucré salé», avec les deux animateurs du magazine culturel depuis sa mise en ondes, Patrice Bélanger (devant) et Guy Jodoin

20 fois sur l’été

Le magazine culturel estival est un genre qui a déjà eu le vent dans les voiles à la télévision québécoise. La mode lancée par l’emblématique L’enfer, c’est nous autres, au début des années 1990, a fait des petits à toutes les chaînes généralistes, même à l’antenne du « Mouton noir », avec l’éphémère C’est chaud en 1995… Depuis, ce modèle de production le plus souvent tournée en extérieur et alliant des entrevues avec les vedettes de l’heure, des reportages « tout légers » sur des événements et activités culturelles, et parfois même un peu de cuisine, a perdu en popularité, du moins à Radio-Canada, qui depuis 2018 a abandonné cette formule jadis gagnante, après les Par ici l’été, Cap sur l’été et Indice UV, qui n’ont pas fait long feu.

Photo: TVA Patrice Bélanger (devant) et Guy Jodoin

Dans un tel contexte, Sucré salé fait figure d’exception, car le magazine culturel estival de TVA entame cette semaine une 20e saison, de retour à l’extérieur après une cuvée confinée au Reine Elizabeth. La recette a certes évolué au fil du temps, mais a gardé les ingrédients d’origine qui ont fait le succès de cette émission de début de soirée qui atteint régulièrement plus d’un million de téléspectateurs, au premier chef un animateur sympathique, dynamique, drôle et capable d’insuffler un peu de folie. C’est un rôle que Guy Jodoin a tenu avec toute la verve et l’authenticité dont il est capable pendant les 13 premières saisons et que Patrice Bélanger, jadis reporter à l’émission, a repris depuis les dernières années. Il sera à nouveau à la barre de la quotidienne dès lundi, à nouveau entouré d’une pléthore de collaborateurs vedettes déjà présents dans les saisons précédentes, auxquels s’ajoutent cette année quelques recrues, dont les chanteuses Mélissa Bédard et Guylaine Tanguay.

La veille, le « vrai réseau » marque le coup de cet anniversaire en diffusant une émission spéciale animée par Guy Jodoin et Patrice Bélanger, qui puiseront dans leurs souvenirs en compagnie d’anciens collaborateurs et d’autres invités qui sont souvent venus faire leur tour à l’émission.



Sucré salé a 20 ans / Sucré salé
TVA, dimanche, 19 h 30 / TVA, lundi au vendredi, 18 h 30 et 22 h 35 
  

Un créateur d’exception et ses œuvres marquantes

L’an prochain, il y aura cent ans qu’auront pris forme les premiers joyaux de l’œuvre imposante de l’architecte et ingénieur montréalais Ernest Cormier : l’ancien palais de justice de la métropole, rue Notre-Dame, et son studio de création, dont on peut découvrir l’originalité dans ce documentaire de Paul Carvalho (la série Montréal, mon amour, mon histoire) de la professeure d’architecture Aliki Economides, qui a d’ailleurs consacré sa thèse de doctorat à la contribution de Cormier. Le film au titre interminable raconte le parcours singulier de ce créateur multidisciplinaire (il a aussi donné dans l’aquarelle), un homme à la vie privée audacieuse pour son époque, en insistant sur l’histoire derrière ses œuvres les plus marquantes, dont l’incontournable pavillon principal de l’Université de Montréal et sa contribution à l’édifice de l’ONU à New York.



Une tour sur la montagne, l’architecture d’Ernest Cormier et sa vie avec Clorinthe Perron
ICI Télé, samedi, 22 h 30 
  

La dernière humaine ?

Netflix s’aventure du côté de l’animation japonaise avec une première véritable production « originale » de ce genre, une création du producteur américain Justin Leach (Ghost in a Shell 2) réalisée par Yasuhiro Irie (la série manga Fullmetal Alchemist). La série nous transporte à des milliers d’années d’ici dans la cité d’Eden, dont les humains sont disparus depuis belle lurette, ce qui laisse toute la place aux robots. Jusqu’au jour où deux d’entre eux découvrent dans un champ la petite Sara, un bébé humain qu’ils élèveront en secret en tentant de lui éviter le courroux de leurs semblables, qui gardent une image bien péjorative de l’espèce humaine…



Eden
Netflix, dès le 27 mai   

À ne pas manquer

Improbable paire

Lancée sans crier gare sur Crave à la mi-mai, cette production originale d’HBO Max met en vedette une Jean Smart royale, elle qui triomphe en ce moment même dans Mare of Easttown. Elle y incarne avec un naturel désarmant une humoriste vieillissante, vedette de Las Vegas dont l’étoile est en train de pâlir, et qui se voit imposer une « jeune pousse » dans la vingtaine (Hannah Einbinder), elle-même dans de beaux draps professionnels après avoir commis une bourde de taille sur les réseaux sociaux. Cette association « printemps-hiver » forcée est le moteur rutilant de cette comédie des contraires souvent jouissive, parfois émouvante, mais jamais ennuyeuse. Du moins dans les premiers épisodes que nous avons pu voir.

Hacks (en V.O.A. seulement)
Crave, deux nouveaux épisodes tous les jeudis

 



À voir en vidéo