Mémoire culinaire

Une minisérie documentaire retrace les origines de la cuisine américaine à travers le prisme de l’histoire de l’esclavage.
Photo: Netflix Une minisérie documentaire retrace les origines de la cuisine américaine à travers le prisme de l’histoire de l’esclavage.

Dis-moi ce que tu manges et je te dirai ce que tu es. Ce titre de l’ouvrage phare de Brillat-Savarin s’applique plutôt bien à cette magnifique série documentaire menée par Stephen Satterfield, un journaliste culinaire afro-américain, qui remonte ici aux sources de la cuisine afro-américaine, et de la cuisine américaine tout court.

Satterfield nous entraîne dans des lieux emblématiques du sort réservé aux esclaves noirs aux États-Unis, qui mettent en relief la richesse de la gastronomie autant que les sombres pages de leur histoire. On sent l’animateur complètement investi dans cette démarche alliant mémoire et découvertes gustatives, souvent très ému par ce qu’il découvre sur le sort de ses ancêtres lointains, et parfois de leurs descendants.

Le premier épisode tourné au Bénin — pays à la gastronomie dynamique qui a beaucoup en commun avec la « soul food » américaine —, point de départ de quantité d’esclaves au XVIIIe siècle, synthétise bien les deux objectifs de cet essai télévisuel réussi. Satterfield se rend dans des lieux chargés pour aller à la rencontre de gardiens de cette histoire et de cuisiniers qui travaillent à préserver les traditions culinaires ancestrales.

Il poursuit cet alléchant devoir de mémoire en Caroline du Sud, port d’accueil des esclaves, puis il enchaîne avec Washington, sur les traces des premiers grands chefs américains, « possessions » d’augustes présidents du pays ayant élaboré des « classiques » aussi inusables que le macaroni au fromage. Il termine son voyage au Texas afin de marquer le Juneteenth commémorant l’émancipation des esclaves.

La part du lion: comment la cuisine afro-américaine a changé les États-Unis (High on the Hog: How African American Cuisine Transformed America, en V.O.A.)

Netflix, dès le 26 mai



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